<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><rss xmlns:atom='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' version='2.0'><channel><atom:id>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130</atom:id><lastBuildDate>Wed, 10 Jun 2009 14:37:26 +0000</lastBuildDate><title>Acuvue</title><description></description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/</link><managingEditor>noreply@blogger.com (Adrien)</managingEditor><generator>Blogger</generator><openSearch:totalResults>19</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-4986136039606847270</guid><pubDate>Fri, 01 Jun 2007 18:10:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-28T05:28:43.602+02:00</atom:updated><title>Vendredi 1er juin</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Echec absolu de notre stratégie : on est réveillés à 6 heures moins dix par Ramesh. Fatalisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On part pour une petite virée vers le camp militaire de l’armée, à une demi-heure de marche au-dessus de la maison de Ramesh. Le camp surplombe Khalanga et tout le Pyuthan au sud. Il doit héberger une trentaine de militaires, et est solidement fermé par une grille de jardin. en plastique. On nous ouvre sans problème le camp, en revanche les soldats sont intraitables : impossible de faire des photos, sauf celle d’un couturier devant une machine à coudre du siècle dernier. Le commandant du camp nous accueille comme des chefs d’état, et nous montre l’héliport dont le H est écrit à l’aide de galets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rentrés chez Ramesh, on prend notre avant-avant-avant dernier pack Acuvue, je me sers un peu trop de sauce épicée. Un mal de bide faramineux se déclare, inquiétant, prétexte à rouiller toute la journée chez Ramesh.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, c’est jour de Bhanda, tous les magasins sont fermés et les liaisons de communication coupées. De quoi s’inquiéter pour notre retour prévu le lendemain, d’autant que les Bhandas durent régulièrement plusieurs jours. On profite d’une accalmie de mon mal de bide pour se rendre à un meeting politique de fonctionnaires en grève, juste à côté de la maison de Ramesh. Plusieurs partis de gauche y sont rassemblés. On s’offre un coca népalais dans la buvette du meeting, et on entame un formidable concours de rots bruyants en toute impunité au milieu des députés et autres leaders politiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tant que blancs, on est finalement rapidement invités à monter sur la scène du meeting. Comme en Inde, deux blancs sur la scène semblent indéniablement donner à un évènement un standing différent. Le caméraman d’une TV locale décide de faire de nous le pivot esthétique de son cadrage déstructuré. Benoît et moi entamons une tentative aléatoire de traduction des discours, basé sur l’analyse des tonalités de voix, et en utilisant un maximum de matérialisme dialectique, avant que Benoît ne finisse par bavarder avec son autre voisin, un célèbre député qu’il avait déjà rencontré l’année dernière. C’est une bonne nouvelle pour sa thèse.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-4986136039606847270?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2008/06/vendredi-1er-juin.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-2538177067281041667</guid><pubDate>Thu, 31 May 2007 18:03:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-28T05:27:17.395+02:00</atom:updated><title>Jeudi 31 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Réveil vers 6h30 par la salope qui, attentionnée, souhaite éviter que nous rations notre bus. On fait nos sacs, je moule un caca bouseux, nous faisons nos adieux à toute la famille et nous nous rendons à l’ « arrêt de bus » de Maachchhi. Chose incroyable, le bus est pratiquement à l’heure – à peine un quart d’heure de retard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voyage vers la capitale du Pyuthan, censé durer une petite heure, dure bien entendu plus de 2 heures. L’ordre cosmique est respecté puisque le bus se retrouve coincé dans une montée en terre vertigineuse, pas loin de Khalanga, derrière un autre bus en panne qui répand un liquide vital sur son essieu avant. Après une expertise mécanique implacable, je présage une immobilisation de plusieurs heures, et l’on décide par conséquent de continuer à pied. Mais cette fois, on a nos sacs complets sur le dos, il est 10 heures, la chaleur est éreintante, on génère des hectolitres de sueur gluante. Deuxième évènement incroyable de la journée, la colonne de bus coincés dans la montée finit par repartir et l’on grimpe dans le notre à son passage. Mon expertise mécanique est un tantinet mise à mal – et où est passé le liquide vital ? Surtout, ne nous imaginons pas qu’il s’agisse de liquide de frein.&lt;br /&gt;Arrivés à Khalanga, on se rend directement chez Ramesh Rajbhandari, un député UML (communiste) du parlement népalais et ami de Benoît. Le type est très sympa malgré son anglais très limité, et son appartement, situé en haut d’une maison inachevée en béton, nous plaît beaucoup. Le béton armé mis à nu participe à une esthétique palais de Tokyo délocalisé, mais surtout, il dispose donc d’une terrasse avec vue fabuleuse sur presque tout le Pyuthan. On hésite à surnommer Ramesh « Adolf » à cause de sa coupe de cheveux et sa moustache, mais ça ferait beaucoup de nazis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On rempile clairement les poupées russes : Khalanga est la capitale politique du Pyuthan – 5000 habitants, certains ont l’eau du robinet – et Ramesh a une vie nettement moins « remote » que ce que nous avons vu. C’est relativement propre, il lui arrive de faire la bouffe et la vaisselle à la place de sa femme, et il n’a que deux enfants. Un dangereux libéral, en somme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On rouille sévère chez Ramesh, on absorbe notre pack, plutôt correct, avant de partir se balader « en ville » en fin d’après-midi. Le but de la balade : trouver un endroit capable de servir à la fois nouilles chow-chow et  coca. Ca ne s’avère pas possible, alors on s’offre des cocas qu’on embarque dans un petit resto tout à fait dégueulasse, de quoi filer des infarctus à l’ensemble de la brigade de l’hygiène. Mais ils ont des chow-chow.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On doit aussi s’occuper de nos billets d’avion Butwal-Katmandou. A Maachchhi, on avait bien trouvé une pharmacie qui avait pris en charge le processus (le gros du travail consistait à finaliser un coup de téléphone sans coupure de ligne, ce qui pouvait prendre une journée entière), mais Rajendra Bikram Singh a interrompu tout le processus juste lorsque nous allions obtenir nos billets, probablement vexé par notre initiative. Trois jours plus tard, nous n’avons donc toujours pas nos billets. Depuis un STD de Khalanga, on apprend sans surprise que nos billets ne sont pas prêts, le processus est incompréhensible, on souhaite cette fois nous faire passer par Mohan Bikram Singh. En attendant de l’appeler, on visite le stade de Khalanga (un terrain vague plein d’ordures et un but sans filet dans lequel une vache rachitique farfouille), ainsi que le camp militaire, jamais attaqué pendant la guerre grâce à sa situation super favorable  (Khalanga domine les trois vallées environnantes). Un dernier coup de fil à RBS, miracle, il semblerait que l’on ait enfin nos billets d’avion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir venu, on s’installe sur la terrasse contemporaine de la maison de Ramesh tant la vue est belle. Le soleil se couche, la lumière est superbe d’autant qu’au loin apparaît un gigantesque feu de forêt, à une trentaine de kilomètres de là. Quant à nos questions sur les dégâts, les pompiers, Ramesh explique qu’il n’y a personne là-bas, et que des gens viendront probablement tenter de l’éteindre le lendemain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec tact, nous abordons le sujet délicat de l’heure du réveil avec Ramesh, on lui explique donc que les occidentaux se lève un peu plus tard. C’est le moment de suggérer un petit 7h comme heure de réveil du lendemain. Ramesh semble comprendre parfaitement. On est grisés par notre stratégie et notre sens de la diplomatie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca31mai-798951.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca31mai-798891.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-2538177067281041667?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/jeudi-31-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-2696256776372806123</guid><pubDate>Wed, 30 May 2007 17:55:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-28T05:27:11.442+02:00</atom:updated><title>Mercredi 30 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;La journée s’annonce flemmasse : aucune grosse excursion n’est prévue, et on peut grasse-matiner sans scrupules jusqu’à 8 heures. On part dès le matin prendre une vraie douche et supporter la tribune qui s’installe systématiquement pour nous regarder nous laver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme prévu, Eichmann nous rejoint pour nous aider à faire une interview. Il a à nouveau 40 minutes de retard, on hésite à lui faire part de nos récriminations pour mettre son zèle à mal. Sur le chemin qui nous mène chez le maobadi que l’on doit interviewer, on croise probablement la seule échoppe de la vallée qui vend du coca-cola. A peine l’interview fini, on se jette sur l’échoppe et l’on paye un coca à Eichmann, ravi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est aussi notre jour de lessive. Après notre pack Acuvue, on part donc à la douche laver nos calebuts et socquettes. Il était temps, on n’avait plus une fringue propre depuis plusieurs jours. Il faut encore subir les gamins fascinés par notre Génie Sans Frotter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que nous tentions de partir nous payer des nouilles chowchows, on se fait intercepter par la salope : « where are you going ? ». On doit avouer, elle nous propose alors des nouilles chowmein que l’on est obligés d’accepter. Un traquenard. Ses chowmeins sont dégueulasses et l’hygiène laisse franchement à désirer, alors on prend l’initiative, dès que la salope a tourné le dos, de les vider dans un petit sac plastique et de partir s’offrir des chowchows. Il s’agit alors de trouver un endroit dans le village où jeter discrètement le sac, ce qui n’est pas une mince affaire étant donné que nous sommes suivis en permanence par une cohorte de zombies. On finit enfin par trouver un lieu sûr pour commettre notre exaction. Dans cette affaire, la paranoïa de Benoît trouve son origine dans une de ses mésaventures de l’année précédente : après avoir exceptionnellement trouvé un moment d’isolement pour s’enfiler une boîte de thon en conserve apportée clandestinement puis avoir jeté la boîte vide très à l’écart du village, dans un champ, un chien l’avait finalement rapporté aux hôtes de Benoît. Cette fois, on fait en sorte que ça ne se reproduise pas. Et l’on s’offre enfin nos chowchows bien mérités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La salope nous déclare qu’elle est bien triste que nous partions demain, c’est décidément une bien belle salope. On fait une photo d’adieu de la famille au complet devant la parabole satellite installée par MBS, c’est l’occasion de la reluquer dans son sari qui laisse transparaître sa poitrine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, le prof gaucho sympathique, qui parle un bel anglais moustachu, vient nous rendre visite. On en profite pour lui demander quelques conseils de bienséance népalaise : faut-il proposer de l’argent à nos hôtes qui nous ont si bien traités ? La réponse est claire, c’est définitivement non, le mieux étant d’offrir du tissu pour leur faire des chemises, pantalons et saris. On le fera à Katmandou, et on imagine déjà rendre le Pyuthan à la mode de notre choix en achetant des chemises à jabot oranges et des pantalons patte d’eph. Le prof moustachu nous conseille vivement d’interviewer nos hôtes, il semble que ce soit pour eux un honneur. Soit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant l’interview final avec le frère de MBS et sa meuf, une militante féminine Masal, Benoît tente une petite incartade destinée à la salope, qui assiste silencieusement à l’interview. Celle-ci lui lance une perche en or : « you can ask me everything you want » - on croit rêver…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca30mai-736703.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca30mai-736701.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-2696256776372806123?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/mercredi-30-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-6242163882434914790</guid><pubDate>Tue, 29 May 2007 17:47:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-28T05:26:50.906+02:00</atom:updated><title>Mardi 29 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, le prof super-zêlé doit venir nous chercher à 7 heures pour nous emmener à Tusara, un autre VDC dans lequel Benoît veut rencontrer des maoïstes. On appellera désormais notre guide Adolf Eichmann en raison de son zèle fabuleux.&lt;br /&gt;Adolf Eichmann se pointe avec 40 minutes de retard, ce qui n’est pas très sérieux pour un fonctionnaire zêlé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a beau être 8 heures du matin, le chemin vers Tusara est pénible, il fait chaud et la pente est raffarinesque. On s’arrête chez Eichmann quelques heures, il nous présente sa famille, un pigeon loge chez eux, une fille de la famille nous prépare un dhalbat pas trop mal. Nos bide gavés de riz, on se rend à quelques dizaines de minutes de là, toujours plus haut, pour interroger un responsable UML (communiste). Le type est sympa, mais je m’endors pendant l’interview – la faute au dhalbat. L’interview dans leur foyer est l’occasion d’observer une conversation conjugale typiquement népalaise : lorsque le mari dit « pani » (eau), sa meuf part instantanément chercher de l’eau, probablement à 40 minutes de là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxième interview, celui d’un jeune maobadi qui nous raconte comment il a transporté des M16 pour l’armée du peuple de Shaolibang à Rajwara, c'est-à-dire une vallée au nord du Pyuthan. Adolf Eichmann traduit consciencieusement, gêné, tandis que le militant UML reste présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On repasse prendre un apéro chez Eichmann Sur le chemin du retour, il nous sert ses meilleurs biscuits qu’on massacre avec trop peu de politesse et de scrupules. Après des adieux à la sympathique famille, et l’on entame la descente vers Maachchhi. Le chemin est très raide, mais joli. On y croise un type bourré, des salopes, et des vaches qui montent à flanc de coteau, tels des chamois des alpes. Eichmann nous confirme que les agriculteurs se tapent effectivement cette horrible montée tous les soirs de leur vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La deuxième maison d’Eichmann se situe dans la vallée, juste en face de Maachchhi. Benoît interviewe son oncle, je le prends en photo pourvu de son tee-shirt « Goa Beach », assis sur une chaise de bureau pliable. Eichmann nous supplie de rester dormir chez lui tandis que la nuit tombe, mais l’on préfère rentrer et se séparer de lui, avec toutes nos excuses possibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour au camp de base, on a l’impression  la famille de notre hôte ainsi que la salope, souhaitent se faire interviewer. On a beau leur expliquer que cela nous ne nous enchante pas ce soir, ils restent pour une longue conversation silencieuse dans la chambre, alors qu’on rêve d’aller se coucher. En dernier recours, je mime un endormissement spontané pour les faire partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca29mai-765884.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca29mai-765880.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-6242163882434914790?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/mardi-29-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-5565829004727124122</guid><pubDate>Mon, 28 May 2007 17:34:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-28T05:26:43.635+02:00</atom:updated><title>Lundi 28 mai</title><description>Dès 6h45, dans la jolie lumière chaude du matin, avant qu’elle ne devienne blanchâtre diffractée par l’humidité, j’immortalise notre hôtesse progressiste sur carte CompactFlash devant le mur bicolore de sa maison. Le colonel doit, paraît-il, examiner une « highway » en tant que représentant local - doit-on vraiment préciser que ça nous fait sourire.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Un mini pack Acuvue en guise de p’tit déjeuner à 7h30, et nous partons pour redescendre par l’autre côté de la colline, vers Badikhot, où des interviews sont prévus.  Je ne sens plus mes jambes aujourd’hui, probablement les effets du régime alimentaire sous-nutritif. On croise un tas de meufs chargées de bidons d’eau qui remontent la colline pour alimenter leur foyer. Vies de merde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Badikhot, où l’on se pose chez un militant Masal, on se farcit un déjeuner dégueu, de loin le pire de tout le séjour. On peine à l’avaler, c’est un dhalbat à base d’épinards à peine préparés, entiers et terreux, accompagnés d’une monstrueuse plâtrée de riz, d’une sauce sans goût et pourtant aigre, un contre-exploit culinaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Benoît performe deux interviews pendant nos digestions difficiles, auprès de deux vieux militants maoïstes de Badikhot. La deuxième interview semble tellement inutile que Benoît finit par s’amuser à le cuisiner sur certaines incohérences idéologiques et religieuses que l’on avait souvent constatées chez pas mal de militants. Ca donne des boucles infinies du genre :&lt;br /&gt;-    Tu es communiste ?&lt;br /&gt;-    Oui.&lt;br /&gt;-    Alors tu ne crois pas en Dieu ?&lt;br /&gt;-    Non. C’est une aliénation.&lt;br /&gt;-    Tu fais des sacrifices d’animaux ?&lt;br /&gt;-    Oui, tous les 4 mars je tue une chèvre.&lt;br /&gt;-    Pourquoi ?&lt;br /&gt;-    Pour vénérer Dieu.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On repart, puis l’on s’arrête vite prendre une banane noirâtre chez la famille de l’un des interviewés aux problèmes orthodontiques héréditaires apparents. Elle nous présente leur fils dont l’oreille gauche n’existe pas. Je prends une photo de l’ensemble de la famille aux dents accidentées, de notre interviewé devant un moulin, et l’on repart à nouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrêt suivant : l’école secondaire du VDC en cours de reconstruction. On nous place sur deux chaises pour nous exhiber aux profs, qui entament une conversation en népali d’environ 1 heure 20, sans nous prêter aucune attention. On s’emmerde à tel  point que l’on se met à arpenter la pièce, on tombe sur une carte du monde déchirée aux contours bien approximatifs, l’occasion pour nous de reconstituer une nouvelle échelle des distances mondiales. Mais les profs discutent toujours politique, toujours de manière aussi véhémente. On va faire un tour dehors pour être au calme, mais immédiatement, les zombies se pointent. Après une heure 20, le colonel nous donne enfin l’ordre de lever le camp : « go ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On rentre chez le colonel en comptant les arrêts (4), on torche les mots fléchés en une heure trente et on distribue des bonbons à tous les enfants du hameau, dont un gamin de trois ans qui, selon la logique occidentale, aurait dû s’étrangler fatalement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est le moment des adieux définitifs à la famille du colonel chez qui on se reviendra pas, les œillades adressées à la nièce du colonel sont bien salaces, et l’on s’arrache à nouveau pour Maachchhi. Comme d’hab’, on dévalise 3 paquets de Butter Nice sur le chemin. A Maachchii, pendant que Benoît tente sans succès de se connecter à Internet pendant une heure, j’entame une conversation avec un prof malin, gaucho, qui s’interroge sur les pratiques culturelles en vigueur en France : mariage forcé ? enfants  hébergeant leurs parents jusqu’à 60 ans ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, on fait la connaissance d’un fils de MBS, un type de Katmandou qui a fait des études de maths et de philo. Il tient un petit cybercafé à Thamel, le quartier des toutous à Katmandou. Un dhalbat de la salope plus tard, on se pieute, le fils de MBS se couche par terre pour nous laisser les lits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A deux heures du matin, un chien aboiera sans discontinuer pendant 55 minutes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca28mai-748591.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca28mai-748585.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-5565829004727124122?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2008/05/lundi-28-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-5322243763948368061</guid><pubDate>Sun, 27 May 2007 17:31:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-28T05:26:57.554+02:00</atom:updated><title>Dimanche 27 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Au risque de choquer nos hôtes, on s’autorise encore une fabuleuse grasse matinée jusqu’à presque 8 heures. On n’est décidément pas des anthropologues dévoués, mais ça me permet d’avancer mon Dostoïevski à grands pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On décolle pour l’école du VDC (l’équivalent de la commune), où le colonel a une réunion de prévue. On y croise tous les profs que nous avions rencontrés la semaine précédente, dont le super-zélé qui nous salue pratiquement en nous baisant les pieds. Pris d’une petite crise de misanthropie, je demande à m’isoler pour travailler. Ils m’installent dans la bibliothèque, où je peux lire tranquille sans être bombardé de questions sur la France. Du moins, pour quelques dizaines de minutes seulement, car le prof sur-zélé nous rejoint vite pour un commentaire de texte de Dostoïevski simultané à ma lecture, pas très captivant puisqu’il ne connaît pas Dostoïevski. Notre présence ne semblant pas être vraiment requise, on finit donc par fausser compagnie à l’école où la réunion se prolonge, et l’on s’éclipse dans le but de s’offrir des nouilles chowchow à Maachchhi. Leur préparation dure 40 minutes et bientôt, des émissaires envoyés de l’école nous  apprennent que le colonel s’impatiente, là-haut. Non seulement nous n’avons aucun cercle d’intimité, mais aussi aucune indépendance de mouvements. On doit donc avaler nos chowchow et remonter en haut de la colline, où l’on retrouve notre colonel en compagnie de quatre vieille meufs, militantes Masal. C’est avec toute cette troupe que l’on s’épuisera à monter durant une heure et demie la pente abrupte qui mène tout en haut du VDC d’Okarkhot, celui dont le colonel est le maire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En haut, nous sommes accueillis chez la vice-maire, seule femme politique de la région. Sa baraque est assez mignonne, entourée de champs de maïs et de poules. Le hameau perché bénéficie d’une vue à 360° sur les vallées avoisinantes, mais ne dispose pas d’eau, il faut aller la chercher dans la vallée, soit plusieurs heures de marche aller-retour. J’opterai pour l’absence de panorama.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personne ne parle anglais dans la maison, excepté le colonel. L’un des membres de la famille nous demande, par son intermédiaire, combien d’étages ont les plus grands immeubles à Paris. 46, que je réponds, ce qui ne manque pas de les fasciner. Et comment se déplace-t-on, en bus gouvernemental ? En jeep collective ? Au Pyuthan, le mot « voiture » n’existe pas, au profit de « jeep ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A peine à quelques mètres de la maison, on dispose d’une très belle vue vers le nord du Népal, et l’on distingue faiblement - exception pour la saison - le Dhaulagiri, un sommet himalayen de plus de 8000 mètres, à proximité du Mustang. Ca nous donne tant envie d’aller voir l’Himalaya que l’on se demande si on se paiera pas, après notre retour à Katmandou, un aller-retour en avion au pied de l’Everest.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maison n’a pas non plus l’électricité, on nous prête une de ces lampes à LED kwality, à trois pixels et luminosité violette, à peine suffisante pour voir le bouton on-off. Les LED sauvent le Népal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la nuit tombée, après une rave-party déjantée aux côtés de Kirsten Dunst, Benoît parvient à effectuer une interview de notre hôtesse, seule femme vice-maire de tout le Pyuthan. A certaines questions, notamment concernant la place des meufs dans son parti, elle ne répond pas, probablement par peur de critiquer le parti devant des responsables politiques locaux comme le colonel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca27mai-730052.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca27mai-730048.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-5322243763948368061?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/dimanche-27-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-196710917015837682</guid><pubDate>Sat, 26 May 2007 17:13:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-28T05:26:10.116+02:00</atom:updated><title>Samedi 26 mai</title><description>Au matin, l’un des gosses vient nous servir un thé à la menthe au lit. Il est dégueulasse, la menthe a brûlé, mais l’attention est sympa. Pour sa première dégustation, le colonel non plus n’aime pas le thé à la menthe. L’introduction du thé à la menthe au Népal s’arrêtera donc là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre pack Acuvue matinal est servi vers 9h30. Depuis quelques jours, on demande plus de rotis pour remplacer le riz qui nous fatigue. Aujourd’hui ils sont servis avec un peu de menthe écrasée que l’on  fout dans nos packs comme du piment pour en oublier le goût.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme à Maachchhi, les enfants, bien qu’ils soient plus sympathiques, rentrent et s’installent à leur guise dans notre chambre en tripotant nos sacs et affaires. Certains peuvent rester nous regarder fixement pendant des dizaines de minutes, ce qui peut déconcentrer quelque peu une sieste intime. Ce matin, un adolescent est venu exhiber son Nokia N70 : il s’est installé sur mon pieu, m’a visé avec sont téléphone qui vaut 1400 mois de salaire et m’a tiré le portrait. Il s’est ensuite installé sur le pieu de Benoît pour faire pareil, puis s’est éclipsé, peut-être parti prouver à ses potes qu’il a des amis blancs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le chemin, le colonel nous emmène dans un endroit isolé,  la « piscine municipale », là où la rivière forme une écluse naturelle entre deux chutes d’eau. On se déshabille, on se baigne, on nage, mais le colonel reste pourtant persuadé que l’on ne sait pas nager – une compétence peut-être censée être devenue caduque en occident. Le colonel nous rejoint dans la piscine, accoutré d’un splendide moule-bite bleu ciel, il attrape des poissons sous les rochers à mains nues. Nous, c’est plutôt le « cardio-trainer » aquatique, nager à contre-courant. Et plutôt que de se laver à la carafe une fois de plus, on se savonne dans la piscine comme dans un bain, puisqu’il n’y a personne pour nous mater, pour une fois pas de tribune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu’à Maachchhi le colonel nous fait passer par les rizières, par les labyrinthiques petits remblais de boue sur lesquels il faut mettre un pied devant l’autre sans tomber. Les paysages sont caricaturaux de l’Asie pauvre : des femmes en saris rouges repiquent le riz tandis que les mecs dirigent des buffalos rachitiques pour labourer la boue des champs inondés. Les photos sont classiques et faciles. Les gosses sont relous, certains nous lancent de la boue. Il est à noter qu’un certain nombre de jeunes du Pyuthan arborent des T-shirts Britney Spears.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La connexion Internet de Maachchhi est aujourd’hui encore plus lente qu’à l’habitude, si c’est possible : il faut bien une vingtaine de reconnections en une heure pour envoyer un mail. L’idée étant aussi de s’offrir un Pepsi bien mérité, on se rend à l’un des seuls troquets de la région, mais il n’y a plus de Pepsi. Le colonel, qui discute comme d’habitude avec ses administrés, semble impatient et nous presse de nous dépêcher. Il souhaite nous emmener à nouveau sur les rizières pour participer à une énième fête du riz du cul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En lieu de fête du riz, il nous ramène chez lui tranquillement, en 1 heure 30 au lieu des 25 minutes habituelles tant  les arrêts sont nombreux. Les villageois saluent constamment le colonel - les salutations consistent à toucher les pieds nus du partenaire, signe de grand respect. Nous soupçonnons le colonel soit de faire sa tournée avec nous pour nous impressionner, soit  de se servir de nous pour impressionner ses administrés. Un arrêt particulièrement long est l’occasion d’aller acheter des Butter Nice dans la cahute habituelle, en cachette du colonel – il ne s’agit pas qu’il croie que l’on n’apprécie pas ses packs Acuvue. A côté de la cahute, on découvre des petites lampes à LED à  vendre, qui servent à éclairer les maisons qui n’ont pas l’électricité. Elles sont particulièrement « kwality » ; l’objet fait peine à voir, il rend un peu triste. On dirait un petit animal malade. J’en achète une, la seule en état de marche sur les 7 en vente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrêt suivant, Benoît négocie avec succès des nouilles chowchow pour notre goûter, sans vexer le colonel, pour qui notre régime alimentaire n’a jamais cessé d’être, à raison, suspect. Pendant le slongues conversations en népalais à notre sujet, Benoît et moi sommes fascinés par des chèvres qui grimpent la paroi rocheuse face à nous, parfaitement verticale, afin d’y brouter les rares herbes. Une homme se pointe, il est muet, pour  nous serrer la main. Je le crois d’abord bourré. Difficile de décrire à quel point les autres sont cruels avec lui. Tout le monde se fout de sa gueule, on le fait bouffer dans une gamelle à même le sol, comme un clébard. Il prend cher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On finit bien par rentrer chez le colonel. Après notre savonnade dans la piscine municipale et que l’on ai changé nos fringues à Maachchhi, on se sent propres. Depuis nos chaises de ministres devant la maison du colonel, Benoît distribue des bonbons aux gosses du hameau afin de passer pour un philanthrope, mais je ne suis pas dupe…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une jeune nièce du colonel, jolie népalaise à la peau brune, légèrement en chair et aux beaux cheveux noirs, est plus effrontée que les autres : elle nous regarde, tente même d’entamer quelques conversations avec nous malgré son anglais débutant – bref, une sacrée salope. On est très vite convaincus qu’elle en veut plus, et la soirée sera consacrée à prévoir  les cochonneries qu’elle nous prodiguera dans la nuit. Du dhalbat en guise de lubrifiant, des claques de roti sur ses fesses potelées, des levrettes dans l’étable, ce sera son lot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Invités à dîner chez le frère du colonel, père de cette sacrée salope, nous tenterons de communiquer avec elle, mais seules de simples œillades confirmeront que l’on a affaire à la pornstar du Pyuthan. Benoît tente d’aborder le sujet de mariage avec son père, sans succès. Pour faire mouiller encore un peu plus la cochonne, nous plaçons tout de même le fait qu’en France, l’héritage est le même quel que soit le sexe. Au Népal, les filles n’héritent tout simplement pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au matin, l’un des gosses vient nous servir un thé à la menthe au lit. Il est dégueulasse, la menthe a brûlé, mais l’attention est sympa. Pour sa première dégustation, le colonel non plus n’aime pas le thé à la menthe. L’introduction du thé à la menthe au Népal s’arrêtera donc là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre pack Acuvue matinal est servi vers 9h30. Depuis quelques jours, on demande plus de rotis pour remplacer le riz qui nous fatigue. Aujourd’hui ils sont servis avec un peu de menthe écrasée que l’on  fout dans nos packs comme du piment pour en oublier le goût.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme à Maachchhi, les enfants, bien qu’ils soient plus sympathiques, rentrent et s’installent à leur guise dans notre chambre en tripotant nos sacs et affaires. Certains peuvent rester nous regarder fixement pendant des dizaines de minutes, ce qui peut déconcentrer quelque peu une sieste intime. Ce matin, un adolescent est venu exhiber son Nokia N70 : il s’est installé sur mon pieu, m’a visé avec sont téléphone qui vaut 1400 mois de salaire et m’a tiré le portrait. Il s’est ensuite installé sur le pieu de Benoît pour faire pareil, puis s’est éclipsé, peut-être parti prouver à ses potes qu’il a des amis blancs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le chemin, le colonel nous emmène dans un endroit isolé,  la « piscine municipale », là où la rivière forme une écluse naturelle entre deux chutes d’eau. On se déshabille, on se baigne, on nage, mais le colonel reste pourtant persuadé que l’on ne sait pas nager – une compétence peut-être censée être devenue caduque en occident. Le colonel nous rejoint dans la piscine, accoutré d’un splendide moule-bite bleu ciel, il attrape des poissons sous les rochers à mains nues. Nous, c’est plutôt le « cardio-trainer » aquatique, nager à contre-courant. Et plutôt que de se laver à la carafe une fois de plus, on se savonne dans la piscine comme dans un bain, puisqu’il n’y a personne pour nous mater, pour une fois pas de tribune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu’à Maachchhi le colonel nous fait passer par les rizières, par les labyrinthiques petits remblais de boue sur lesquels il faut mettre un pied devant l’autre sans tomber. Les paysages sont caricaturaux de l’Asie pauvre : des femmes en saris rouges repiquent le riz tandis que les mecs dirigent des buffalos rachitiques pour labourer la boue des champs inondés. Les photos sont classiques et faciles. Les gosses sont relous, certains nous lancent de la boue. Il est à noter qu’un certain nombre de jeunes du Pyuthan arborent des T-shirts Britney Spears.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La connexion Internet de Maachchhi est aujourd’hui encore plus lente qu’à l’habitude, si c’est possible : il faut bien une vingtaine de reconnections en une heure pour envoyer un mail. L’idée étant aussi de s’offrir un Pepsi bien mérité, on se rend à l’un des seuls troquets de la région, mais il n’y a plus de Pepsi. Le colonel, qui discute comme d’habitude avec ses administrés, semble impatient et nous presse de nous dépêcher. Il souhaite nous emmener à nouveau sur les rizières pour participer à une énième fête du riz du cul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En lieu de fête du riz, il nous ramène chez lui tranquillement, en 1 heure 30 au lieu des 25 minutes habituelles tant  les arrêts sont nombreux. Les villageois saluent constamment le colonel - les salutations consistent à toucher les pieds nus du partenaire, signe de grand respect. Nous soupçonnons le colonel soit de faire sa tournée avec nous pour nous impressionner, soit  de se servir de nous pour impressionner ses administrés. Un arrêt particulièrement long est l’occasion d’aller acheter des Butter Nice dans la cahute habituelle, en cachette du colonel – il ne s’agit pas qu’il croie que l’on n’apprécie pas ses packs Acuvue. A côté de la cahute, on découvre des petites lampes à LED à  vendre, qui servent à éclairer les maisons qui n’ont pas l’électricité. Elles sont particulièrement « kwality » ; l’objet fait peine à voir, il rend un peu triste. On dirait un petit animal malade. J’en achète une, la seule en état de marche sur les 7 en vente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrêt suivant, Benoît négocie avec succès des nouilles chowchow pour notre goûter, sans vexer le colonel, pour qui notre régime alimentaire n’a jamais cessé d’être, à raison, suspect. Pendant le slongues conversations en népalais à notre sujet, Benoît et moi sommes fascinés par des chèvres qui grimpent la paroi rocheuse face à nous, parfaitement verticale, afin d’y brouter les rares herbes. Une homme se pointe, il est muet, pour  nous serrer la main. Je le crois d’abord bourré. Difficile de décrire à quel point les autres sont cruels avec lui. Tout le monde se fout de sa gueule, on le fait bouffer dans une gamelle à même le sol, comme un clébard. Il prend cher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On finit bien par rentrer chez le colonel. Après notre savonnade dans la piscine municipale et que l’on ai changé nos fringues à Maachchhi, on se sent propres. Depuis nos chaises de ministres devant la maison du colonel, Benoît distribue des bonbons aux gosses du hameau afin de passer pour un philanthrope, mais je ne suis pas dupe…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une jeune nièce du colonel, jolie népalaise à la peau brune, légèrement en chair et aux beaux cheveux noirs, est plus effrontée que les autres : elle nous regarde, tente même d’entamer quelques conversations avec nous malgré son anglais débutant – bref, une sacrée salope. On est très vite convaincus qu’elle en veut plus, et la soirée sera consacrée à prévoir  les cochonneries qu’elle nous prodiguera dans la nuit. Du dhalbat en guise de lubrifiant, des claques de roti sur ses fesses potelées, des levrettes dans l’étable, ce sera son lot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Invités à dîner chez le frère du colonel, père de cette sacrée salope, nous tenterons de communiquer avec elle, mais seules de simples œillades confirmeront que l’on a affaire à la pornstar du Pyuthan. Benoît tente d’aborder le sujet de mariage avec son père, sans succès. Pour faire mouiller encore un peu plus la cochonne, nous plaçons tout de même le fait qu’en France, l’héritage est le même quel que soit le sexe. Au Népal, les filles n’héritent tout simplement pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca26mai-746865.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca26mai-746863.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-196710917015837682?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/samedi-26-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-2055419763256548027</guid><pubDate>Fri, 25 May 2007 16:27:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-27T19:21:33.427+02:00</atom:updated><title>Vendredi 25 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Ce connard de colonel, le bien-nommé, nous réveille brutalement vers 4h30 puis nous tire du lit vers 5 heures en nous offrant des thés. Toujours aucun moyen de se laver, ça fait depuis lundi qu’on s’est pas lavés. La crasse et la sueur commencent à se faire sentir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le colonel est navré de nous annoncer que nous devons payer l’hôtel et le dîner pour l’ensemble du groupe, qui n’a pas assez d’argent. Depuis notre arrivée, nous n’avons strictement rien payé, on est invités partout où nous passons, et par des familles parmi les plus pauvres de la planète. La nuit d’hôtel pour cinq, le dîner pour cinq et leur cuite nous reviennent à 280 roupies, soit 2,5 euros.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On repasse par Thulabesi, où l’on fait quelques adieux sympathiques au médecin ayurvédique et au postier maoïste. La longue route de retour est ponctué par un arrêt au stand gourdes chez la vieille répudiée qui n’aime ni les maobadis ni les népalais. Elle sera l’objet de nombreuses blagues bien vulgaires de la part du colonel et de Thierry Mamère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se rend ensuite chez le doyen du VDC (la commune), 89 ans soit 63940 packs Acuvue, pour un interview. Le vioque a l’air terriblement gâteux, mais il ne l’est pas du tout. Il a élevé Mohan Bikram Singh et a lutté dès 2010 (1953 en calendrier occidental) pour que les paysans soient propriétaires de leurs terres. Comme MBS, il est passé par la prison, s’est fait tabasser par la police, et a très probablement violenté des nantis, même si il n’en dit rien.  Ses histoires sont incroyables, du Zola paysan, on peut les comparer aux luttes sociales qui ont eu lieu en France 100 ou 200 ans auparavant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vioque, un bouddhiste, dispose d’une couche à l’extérieur de sa masure, sous un auvent orné de photos de Staline, Marx, Engels, Lénine, ainsi que des icônes bouddhistes. Une composition parfaite pour une photo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes invités à déjeuner chez Thierry Mamère, qui habite à 15 minutes de là. Sa baraque est passablement pourrave, le pack Acuvue plutôt dégueu, mais la longue sieste vraiment bienvenue. Thierry Mamère nous fait la morale sur le fait que nous nous levons trop tard, c’est mauvais pour la santé. Benoît, plutôt exaspéré, lio rétorque à peu près en ces termes : « écoutez bande de gros sous-dev’, chez nous, les mecs crèvent à 80 ans et 82 pour les meufs. On se lève tous à 9 heures ou 10 heures. Alors tu vas pas nous faire la leçon sur ma santé, OK ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette bonne leçon coloniale effectuée, on peut rentrer chez le colonel. En chemin, on cueille de la menthe après que Benoît eut expliqué au colonel le principe du thé à la menthe, inconnu au Népal. Benoît et moi se prenons à rêver d’être les initiateurs de l’introduction du thé à la menthe et de la cheminée domestique au Népal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant le dîner, assis par terre, le chien du colonel, Tiger, qui a l’air affamé, se fait tabasser par l’un des gosses pour s’être approché de notre dîner. Il me suffira de lui filer une vague caresse pour qu’il me suive partout. Le colonel nous raconte que les enfants ont vu un tigre sur la colline d’en face.&lt;br /&gt;Comme cela fait quatre jours que l’on ne s’est pas lavé, on demande au colonel où peut-on prendre notre douche. Ici, c’est à la rivière. On part donc se laver dans le lit de la rivière où il n’y a pas de fond, c’est vaseux et très fréquenté par les buffles. On a l’impression de prendre notre douche dans leur abreuvoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca25mai-758423.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca25mai-758421.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-2055419763256548027?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/vendredi-25-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-5003180825441186841</guid><pubDate>Thu, 24 May 2007 16:16:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-27T19:17:20.341+02:00</atom:updated><title>Jeudi 24 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La nuit fut bonne, même si elle eut lieu dans la baraque la plus pourrie de notre séjour. On se lève vers 6 heures, nos hôtes sont actifs depuis 5h15 environ et un drôle d’animal gratte sous le lit. La fumée de feu de bois envahit la chambre depuis 4 heures du matin, rien d’étonnant à ce que les paysans népalais meurent du cancer du poumon à 30 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On nous sert un thé au lit en guise de réveil. On est prêts rapidement, vers 6h30, pour constater comme d’habitude que notre cordée fait déjà de longues pauses inutiles en bas de la maison. A quoi cela sert-il de se lever si tôt pour glander à ce point ? C’est ce qui énerve le plus Benoît, et nous pousse régulièrement à moult réflexions racistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès le premier arrêt, des NPC de tout le hameau nous rejoignent d’un pas zombiesque. Même si on commence à être habitués, le phénomène prend cette fois une telle proportion que l’on se croirait dans Resident Evil 3. Mollement, les yeux dans le vague, les NPC se dirigent par dizaines vers notre position sur la carte, où que nous soyons placés. Il ne nous manque qu’un shootgun pour scorer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En passant par un deuxième hameau, le dernier encore accessible par une piste, un vieux me saisit brusquement le bras pour s’enquérir de mon état civil : nom, âge, es-tu marié. Rien de nouveau sauf que cette fois, il m’agrippe si fort que je ne peux m’en débarrasser. C’est là où l’on réalise que l’on pénètre dans la zone de la « remote place of the death » mythique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre pause déjeuner, à 11 heures, dans une ferme reculée en compagnie de six escort-boys (RBK aka colonel, Sidiman aka Thierry Mamère, le fils de l’ex-maire de Thubalesi, le postier maobadi, un autiste qui lit des bouquins d’amélioration de sa personnalité en hindi, ainsi qu’un moustachu fort sympathique qui me porte mon sac à dos) consiste en un repas à base de crêpes épaisses, huileuses et cramées, imbouffables. Bien qu’il y en ait deux par personne, on peine à en finir une seule. Le colonel nous raconte qu’il y a bien des années, des ricains de passage avaient pris les galettes pour des assiettes. 10 ans après, cela fait encore rire la bande. Pendant une demi-heure et les jours suivants, la blague nourrira la majorité de leurs fous-rires et de nos rires forcés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chemin est long. Nous passons un vertigineux petit pont suspendu au-dessus d’une gorge, typique de la campagne népalaise. Je n’ai aucune confiance dans ce genre de construction, d’autant que dans un magazine de propagande maoïste, je suis tombé sur une étrange photo de népalais accrochés à un pont en effondrement au dessus d’une gorge. On marche encore plusieurs heures dans des chemins très escarpés, à peine praticables à pied, sans croiser personne. Les collines et vallées sont plus impressionnantes que lors de nos précédentes excursions : nous sommes légèrement plus au nord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers  13 heures, nous arrivons enfin à Rajwara. Les maisons du village sont très belles, d’architecture presque préhistorique. Benoît commence par interviewer un jeune militant UML (communiste) qui s’est fait enlever pas moins de 31 fois par les maobadis. Benoît obtient la preuve de ce qu’il cherchait : la vallée fut un lieu de passage fréquent de l’armée maoïste, ce qui donne des indications claires sur leurs mouvements historiques. On se sent subitement utiles d’avoir poussé le voyage jusqu’à cette extrême « remote place » : cette petite info était d’une certaine manière le but de notre voyage. Le jeune militant communiste, un dur à cuire, nous raconte un tas d’histoires passionnantes sur la guérilla, très active dans le coin de Rajwara. On apprend surtout qu’il existe un ancien camp d’entraînement de l’armée rouge à proximité du village, mais personne n’arrive à décider à quelle distance du village celui-ci se trouve. Benoît décide d’y aller rapidement, mais je reste, épuisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors de notre traversée du canton à pied, nous sommes pris à parti par un certain nombre de villageois, des jeunes racailles maoïstes selon nous. L’ambiance est très moyenne. Qui sommes-nous ? Avons-nous les autorisations ? Sommes-nous réellement des étudiants ? Pourquoi faire confiance à notre guide de l’UML ? Plus inquiétant, la petite foule lorgne du côté de nos sacs. On bat en retraite, Benoît en profite pour partir vers le camp avec quatre de nos six compagnons, ainsi que le gars de l’UML.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’après-midi s’écoule en compagnie du colonel et de Thierry Mamère, jusqu’au retour de Benoît vers 18 heures. L’ambiance est très lourde. Le colonel et Thierry Mamère font constamment le guet, cherchent et changent plusieurs fois d’endroits pour mettre nos sacs à l’abri. La veille, le colonel nous avait raconté l’histoire d’un américain qu’il connaissait bien et, il y a quelques années, était parti seul pour Rajwara. Il s’était fait tuer pour 300 roupies et le colonel avait dû aider les parents à récupérer le corps de leur fils. Ainsi, pendant l’excursion de Benoît, je me mets à psychoter plus que de raison, d’autant que les racailles rôdent et que le colonel a toujours l’air aussi tendu. Il souhaite même rentrer à Thulabesi dès le retour de Benoît.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant, le maire du village congressiste vient tchatcher avec le colonel. Entre eux, l’ambiance est d’abord tendue, mais elle finit par s’améliorer lorsqu’ils se résignent enfin à différencier politique et relations personnelles – une résolution qu’ils m’annoncent tout sourire, comme une grande découverte. Je fais aussi la connaissance d’un technicien de Nepal Telecom chargé d’installer un téléphone satellite pour Rajwara. Il a l’air très malin, mais lui aussi semble très tendu d’être là.  Je l’accompagne sur le lieu où il ordonne à deux villageois de creuser les trous pour fixer l’antenne satellite et les panneaux solaires. Il me recommande vivement de rentrer à Thulabesi le soir même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Benoît revient enfin vers 18h15, éreinté, après une excursion qui, bien qu’elle lui fût utile, se révélât ultra-sportive et dura 4 heures. Je lui annonce immédiatement mon intention de se barrer au plus vite, mais il faut auparavant effectuer une interview mémorable du maire congressiste, entouré de personnalités du village issues de tous les bords politiques. L’interview se transforme vite en exercice funambulesque de langue de bois pour le maire : il lui est visiblement difficile de parler franchement des actions des maobadis dans cette vallée reculée, tout en ménageant les susceptibilités multiples. Mais on en est désormais sûrs : l’endroit fut et est un lieu important de mouvements maoïstes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pause comprise, on repart malheureusement à la tombée de la nuit. Thierry Mamère, qui n’ose par fierté avouer qu’il est épuisé, préfère rester dormir à Rajwara. Le chemin très escarpé de l’aller devient, en pleine nuit, une épreuve périlleuse. Heureusement, Benoît possède une petite lampe à LED frontale qui permet que l’on ne tombe pas au fond d’une gorge. Nos six compagnons, que l’on interroge sur la possibilité de présence de tigres la nuit, répondent par un pas très rassurant « sometimes ». Il faut à nouveau se farcir le petit pont suspendu à 30 mètres au-dessus du torrent, probablement moins vertigineux que de jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre petit groupe se scinde en deux à 30 minutes de Thulabesi, là où l’on fut pris d’assaut par les zombies de RE3 : le fils de l’ex-maire et l’autiste continuent jusqu’à Thulabesi tandis que nous restons dormir et manger dans une minuscule auberge moyenâgeuse. Le hameau comprend une petite dizaine de maisons. En face de l’auberge, habite l’homme qui m’avait broyé le bras à l’aller pour s’enquérir de mon état-civil : c’est le « beau-frère » de l’un de nos comparses. Le broyeur de bras et sa famille s’avèrent en fait extrêmement gentils, même si pointer son nez de blanc dans une minuscule cahute en bois joue pour beaucoup dans la réaction de l’autochtone. Chaque maison du hameau est faiblement éclairée à l’aide d’une simple LED blanche-bleuâtre, ce qui donne à l’endroit un aspect assez étrange, définitivement loin de la rue du faubourg saint honoré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre chambre d’hôtel est en réalité le grenier d’une ferme rustique dans lequel s’engouffre goulûment, comme souvent, la fumée de feu de bois provenant de la cuisine située en dessous.  Lorsque nous descendons du grenier pour dîner, les yeux rouges, le colonel et le beau-frère moustachu sont déjà en train de se bourrer la gueule à l’alcool maison. Surprise : le pack Acuvue que l’on nous sert est excellent, ce pourrait être un repas correct en France, si l’on excepte les quelques inévitables morceaux de terre.&lt;br /&gt;On rigole bien lorsque Benoît me raconte qu’à Rajwara ses coéquipiers d’expédition appelaient le camp maoïste une « remote place » - décidément l’expression est relative. Le camp maoïste sera donc la légendaire remote place of the death du voyage, a.k.a. il ya toujours plus remote que ta remote place.&lt;br /&gt;On se couche les yeux piquants, dans la fumée de feu de bois, à cinq  sur quatre couches en paille, et éclairés par une LED de 0,1 watt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après cette journée difficile et ce repas presque délicieux, on réalise que c’est la meilleure soirée de notre séjour.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca24mai-717255.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca24mai-717253.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-5003180825441186841?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/jeudi-24-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-8917575095292073753</guid><pubDate>Wed, 23 May 2007 16:24:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-05-26T19:53:10.241+02:00</atom:updated><title>Mercredi 23 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est pas facile de se farcir un pack Acuvue à 8h30 du matin. Non seulement ce n’est pas bon, mais en plus c’est l’horaire auquel on n’a pas faim, et encore moins pour une plâtrée de riz fade sans sel recouvert de sauce aqueuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant de partir, je fais des photos de la famille du colonel, comme d’habitude le numérique permet d’épater la galerie qui peut aller se contempler sur le petit écran. Lorsque les népalais sont pris en photo, ils ne peuvent s’empêcher de poser d’une manière terriblement guindée – c’est probablement comme ça que se comportaient les occidentaux au siècle dernier, face à un appareil photo. Pour effectuer des portraits un peu vivants, c’est laborieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, nous partons pour Thulabesi, dernière étape avant la fameuse « remote place », le coin le plus reculé du district et le plus éloigné de notre voyage. Autant dire un mythe pour nous – qu’est-ce qui est plus remote qu’ici ? Qui peuvent donc bien être les bouseux des bouseux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le chemin de Thulabesi, on s’arrête encore comme un bus  toutes les cinq minutes. La première fois, c’est pour saluer un pote UML du colonel – on s’accorde à constater que celui-ci est torché. La deuxième, c’est pour être rejoint dans notre voyage par un professeur sympathique, Sidiman GC – GC est un nom de famille extrêmement répandu dans le Pyuthan. Sidiman GC ressemble à Noël Mamère habillé des lunettes de Thierry Roland. Nous l’appellerons donc Thierry Mamère. La troisième, c’est pour prendre un thé dans une ferme isolée, tenue par une vieille femme célibataire sans enfants. Elle fut mariée une fois, mais son mari la répudia parce qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfants. Elle nous raconte comment, pendant la guerre, les guerriers maoïstes l’ont forcé à les héberger et à les nourrir et l’ont extorqué en plus de 500 roupies.  Nombreux sont les civils qui, une fois rackettés par les maoïstes, sont ensuite tués ou dévalisés par l’armée royale pour avoir aidé l’armée rouge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre autres arrêts inutiles, nous avons droit aussi à la contemplation d’un petit pont en béton sans route qui y mène – preuve du développement économique du district, une discussion silencieuse sur un banc devant une échoppe de brosses à dents… ce qui nous fait arriver à Thulabesi environ 4 heures plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès notre arrivée, le colonel et Sidiman GC nous font rencontrer l’ancien maire du village, un Mashal qui ne parle pas anglais. De longues heures de conversation silencieuse avec lui nous rendent si déprimés que nous décidons de fuir le comité pour nous balader dans le village.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thulabesi est minuscule, sale et assez antipathique. Autant dire qu’étant donné nos têtes de blancs dans ce village arriéré, on se fait rapidement des camarades :&lt;br /&gt;-    Un postier mongoloïde qui se décide à nous accompagner le lendemain pour Rajwara, et qui nous confie secrètement, à l’écart des autres, être maoïste&lt;br /&gt;-    Un ancien flic de Delhi qui tient aujourd’hui une échoppe de médecine Ayurvedique à Thubalesi&lt;br /&gt;-    Les deux fils de l’ex-maire, tous les deux profs, dont l’un souhaite également nous accompagner le lendemain&lt;br /&gt;-    Des gosses avec lesquels Benoît joue au tabla pour améliorer l'ambiance. Les joueurs s’avèrent être des dieux : pas très surprenant, vu l’ambiance d’ennui mortel au village&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A nouveau, on nous fait visiter les lieux comme des présidents en visite, perpétuellement suivis d’une longue délégation zélée et précautionneuse. Benoît interviewe l’ex-maire Mashal, aidé du colonel et Sidiman pour la traduction. Nos différents linguistiques ne parviennent pas à camoufler sa connerie, il est conservateur et peu ouvert, mais réellement gentil. Plus tard dans la soirée, il reviendra complètement torché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Benoît réalise dans la foulée l’interview d’un jeune infirmier de passage à Thulabesi, qui tient la seule infirmerie du district à quelques vallées d’ici. C’est l’occasion de poser des questions sur la situation sanitaire et médicale pendant la guerre et depuis. Selon lui, les maux les plus courants sont le mal de ventre – beaucoup de villageois meurent de diarrhées, ce qui ne nous surprend peu, ainsi que l’intoxication respiratoire : les népalais, qui cuisinent chez eux sans cheminée, finissent par mourir de maladies pulmonaires. Et oui, bien qu’ils possèdent souvent un Nokia dernière génération alors qu’il n’y a pas de réseau, personne n’a encore inventé la cheminée au Népal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré tout, on est extrêmement bien accueillis par l’ex-maire dans sa baraque insalubre ; à tel point que sa famille nous fera dormir dans leur grande chambre tandis que la famille et le reste de l’équipe dormiront les uns sur les autres dans la chambre attenante.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca23mai-722741.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca23mai-722739.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-8917575095292073753?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/mercredi-23-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-3755806681958926705</guid><pubDate>Wed, 23 May 2007 16:15:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-27T18:28:31.172+02:00</atom:updated><title>Le monde selon les népalais</title><description>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/monde_selon_nepalais-717325.png"&gt;&lt;img style="cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/monde_selon_nepalais-717315.png" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/monde_selon_nepalais-741489.png"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-3755806681958926705?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/le-monde-selon-les-npalais.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-7413243642391967692</guid><pubDate>Tue, 22 May 2007 16:25:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-27T20:26:51.836+02:00</atom:updated><title>Mardi 22 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;A notre lever, vers 7h30, le colonel n’a toujours pas donné de ses nouvelles. Nous lisons, puis, poussés par l’ennui, partons en balade pour nous changer les idées.  En chemin, on décide finalement d’aller jusqu’à chez le colonel pour s’enquérir de la situation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On marche lentement, une petite heure – à mi-trajet, on est ravis de trouver des « Butter Nice » biscuits en vente au market par lequel nous passons. Selon Benoît, les « butter nice » sont les seuls biscuits corrects du Népal. On en achètera un stock au retour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous trouvons le colonel qui glande avec des potes dans une minuscule échoppe en bois au fond d’une vallée. Il est déguisé en indien : une chemise orange à gros carreaux et un pagne. Il s’apprêtait à venir nous chercher. Quelques blagues plus tard, nous retournons à Maachchhi pour y déjeuner, il est convenu de revenir nous-mêmes avec nos affaires chez le colonel en fin de journée. C’est le moment pour faire des stocks de Butter Nice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La salope nous apporte aujourd’hui un déjeuner radicalement différent du dhalbat : à la place du riz, nous avons droit à du « maize rice », soit du riz de maïs, tandis qu’un nouveau légume fait son apparition, absolument infâme. Les Butter Nice nous aident à passer le repas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se rend ensuite au cybercafé où l’on réussit à envoyer chacun un mail en une heure et quart. A côté de nous, des mecs tentent de faire fonctionner une imprimante multifonctions en forçant la cartouche dans son emplacement. C’est aussi un après-midi shopping : je vais chez le barbier me faire raser pour 15 roupies plus 5 de pourboire, à l’aide de gigantesques ciseaux entièrement rouillés, porteurs d’une quarantaine de maladies exotiques. On s’offre, après étude de terrain, les seuls Pepsi du district, mais sommes assainis par un schizophrène certifié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On fait nos sacs et partons enfin définitivement pour la maison du colonel ? Mais à notre départ, on le croise justement à Maachchhi, il nous promet de nous rejoindre peu après. On s’offre à nouveau 2 paquets de Butter Nice sur le chemin, notre stock ayant déjà bien fondu. A la sortie du market, une flopée de villageois rustiques particulièrement pénibles nous assaillent. Beaucoup sont bourrés, se moquent de nous, bientôt certains proclament qu’ils sont maobadis et commencent une propagande de pochard. Ils nous rendent les maobadis bien antipathiques et le Mashal bien sympathique en comparaison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maison du colonel est jolie et bien située. Notre chambre est isolée à l’étage, dans une partie attenante à la maison principale, et construite par le colonel.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca22mai-708714.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca22mai-708711.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-7413243642391967692?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/mardi-22-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-4470464032277470484</guid><pubDate>Mon, 21 May 2007 16:25:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-27T20:26:14.809+02:00</atom:updated><title>Lundi 21 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;On part vers 8h30 vers Maachchhi, il est ensuite prévu de dormir chez le colonel à 30 minutes népalaises de là-bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les adieux avec Ravi Shankar sont incroyablement sympas. Il nous bénit, place sur nos front un « tika » et nous offre à chacun une fleur de son jardin. Je prends en photo le couple devant sa maison et nous promettons encore une fois de faire parvenir la photo via MBS. La femme de Ravi Shankar nous accompagne jusqu’à Maachchhi pour voir son « frère », en réalité son beauf, l’homme qui nous héberge à Maachchhi. Comme en Inde, tous les amis, membres de la famille proche et éloignée sont des « frères ». Il n’y pas de sœurs, les femmes sont plutôt un fardeau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le chemin du retour, on est suivis par une bande de gosses pendant un kilomètre. Cela nous enchanterait si on était des ethnologues plein d’empathie, mais nous sommes misanthropes. De retour à Maachchhi, on glande, on lit, on cherche désespérément un seau dans tout le village pour faire notre première lessive. Toutes les échoppes sont fermées, on croit à une « bandha » de plus – cumulées, elles durent l’équivalent de cinq mois au Népal. Mais non, la salope nous apprend qu’ici, le lundi est un jour de fermeture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On fait notre lessive à la « douche » du village, en plein cagnard. Quelques villageois nous observent scrupuleusement, nous questionnent, nous empruntent notre Génie Sans Frotter. Après essai, leur verdict tombe : c’est nul. Ca coûte trop cher et les femmes peuvent frotter. On met nos fringues à sécher sur des pierres, au milieu de la rivière et l’on prend notre première véritable douche. Surtout, on aperçoit le premier et seul soutif du séjour : on est en hauteur de la douche pour femmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le colonel est censé venir nous chercher à Maachchhi pour nous emmener chez lui, mais les heures passent et il ne vient pas. L’attente est pénible, d’autant que les neveux de MBS, les enfants de la salope, sont particulièrement chiants, comme de jeunes indiens riches. Un dhalbat de plus, le constat que l’invasion de cafards liée à la mousson commence, et nous finissons cette journée inutile.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca21mai-758431.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca21mai-758424.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-4470464032277470484?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/lundi-21-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-9049730721682615630</guid><pubDate>Sun, 20 May 2007 17:14:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-27T20:25:23.827+02:00</atom:updated><title>Dimanche 20 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Je me lève à 6h30, mais Benoît me fait judicieusement remarquer, dans un demi-sommeil, que ça fait autant d’heures de plus à s’emmerder dans la journée. J’acquiesce et me recouche donc immédiatement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me lève à 7h30, RBK et SBS se sont eux levés à 5h30 malgré leur cuite de la veille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Changement de programme : il est question d’aller voir un tour de télécommunications ricaine sans la forêt, seule attraction du coin, avant de rentrer à Maachchhi. La tour est à une heure trente de marche environ, et deux trajets sont possibles : l’un en contournant la montagne, par la forêt, mais il y aurait des sangsues ; l’autre en montée continue, mais ce serait en plein soleil. En gros, dans les deux cas, on perdra beaucoup de points de vie. On choisit évidemment l’option sans sangsues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la place d’une heure et demie, ce sera voyage au bout de l’enfer… D’après le colonel, on a fait 15 à 16 kilomètres de marche dans la journée, et grimpé un dénivelé de 800 mètres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’aller, il a fallu surtout s’arrêter tous les 50 mètres pour checker les sangsues sur nos souliers, parce que finalement, on a aussi eu un tas de sangsues. On en devient paranoïaque. Ca attend sa proie sur le chemin, ça se dresse littéralement au passage de la chaussure de sa victime, ça s’y accroche puis ça cherche à rentrer dans la godasse par n’importe quel petit trou, à croire que c’est malin et doté d’yeux. Il faut les repérer à temps sur le soulier, la dégager rapidement avec une pierre, éventuellement enduire ses chaussures de sel ou d’épices cueillies en chemin sur des arbustes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est aussi le jour qu’a choisi la chiasse pour se pointer. Ma première expérience de trek pourrait donc être considérée comme pénible, du moins comme pourrait l’être le fait de grimper des dénivelés alpins avec des crampes de bide qui font flageoler les jambes, à cloche-pied pour nettoyer sa basket des sangsues. Comme si ce n’était pas suffisant, à l’arrivée en haut de la crête, le temps se gâte nettement, le brouillard recouvre tout et il faut se réfugier dans une ferme insalubre en attendant que la pluie passe. Tout ça pour atteindre finalement le fameux « touristic place », car c’est comme ça que nos amis l’appellent, l’antenne américaine, qui s’avère être une antenne radio minable de quatre mètres de haut, destinée à transmettre des données sismographiques. Pour ne rien arranger à l’hostilité de la balade, on tombe sur des mues de serpent, tandis qu’il a fallu à nos guides qu’ils s’arment de bâtons pour chasser des chiens féroces. Pour s’occuper pendant les longues heures de marche, on énumère avec Benoît les repas que l’on aimerait engloutir – saucisson aux fines herbes, crêpes complètes, Hoegaarden bien fraîche – et l’on évoque la cuite monumentale que l’on va se taper le jour de notre retour à Katmandou.&lt;br /&gt;Sur la crête, le brouillard rend l’ambiance surréaliste. On tombe sur des panneaux solaires vandalisés par des maobadis. De l’autre côté de la montagne, on est conduits comme des inspecteurs de l’ONU sur un chantier de construction d’une route, à 200 mètres d’altitude. Le chantier est à flanc de montagne, en plein brouillard, 120 personnes y travaillent dont une majorité de meufs, peu d’entre eux ont des outils. La plus grande partie des ouvriers déplace la terre à la main, quelques uns ont des pioches pour se débarrasser des grosses pierres. Notre visite les sidère. Pour une raison inconnue, nos « organisateurs » souhaitent que l’on prenne des photos, et l’on s’exécute de bon cœur tellement les ouvriers sont heureux de voir leurs gueules sur l’écran de mon Nikon à 700 euros. Chacun d’entre eux est payé 35 roupies la journée (0,4 euros), et le chantier est prévu pour durer 10 jours pour un kilomètre de route. Avec Benoît, on calcule qu’il leur faudrait donc 5 jours de labeur pour s’offrir cette fameuse Carlsberg à Katmandou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fin de la descente est effectivement infestée de sangsues. Benoît confie à Rana Bahadur qu’on traverse le « kingdom of leeches », ce qui fait hurler de rire le colonel pendant une bonne partie de la fin d’après-midi. Comme toujours, on s’arrête de nombreuses fois, dont une heure dans une ferme isolée recordman d’insalubrité, qui pourrait être le décor d’un mauvais téléfilm français sur la misère. Devant la ferme, pendant que nos guides picolent, deux gosses crottés se battent pour un oignon sale trouvé par terre. Le gagnant le croque goulument, comme un crocodile Haribo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On atteint la maison de Shankar Bikram Singh vers six heures du soir, soit huit heures après notre départ. La « touristic place » était censée être à 1 heure 30 de marche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi les dernières conversations de la journée, nous évoquons les castes avec le colonel et la femme de Ravi Shankar, une femme âgée mais pleine de caractères, et qui a l’air elle aussi étonnamment moderne et maline. Bien sûr, nos hôtes, en bons communistes progressistes laïcs, sont contre les castes. La femme de Ravi Shankar ajoute : « il n’y a pas de castes. La seule caste, ce sont les noirs et les blancs. » Ce à quoi le colonel répond : « non, la seule caste, ce sont les hommes et les femmes. »&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca20mai-774058.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca20mai-774055.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-9049730721682615630?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/dimanche-20-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-7768696830333498795</guid><pubDate>Sat, 19 May 2007 17:16:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-27T20:24:51.701+02:00</atom:updated><title>Samedi 19 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes tirés du lit à 7h20 par Rana Bahadur ; le « colonel », comme nous l’appellerons désormais en hommage à son implacable autorité, estime que nous devons nous grouiller. Nous sommes vénères, nous avions convenu d’un 8 heures, la veille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous partons, pratiquement sur le champ pour Bangemarot, en laissant quelques unes de nos affaires à Maachchhi. Mais, à l’instar des bus, Rana Bahadur s’arrête toutes les dix minutes pour taper la discute à un bouseux quelconque. C’est assez exaspérant, ça casse notre rythme de marche dès qu’on en adopte un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après deux bonnes heures de marche environ, on arrive finalement à Bangemarot, joli petit hameau plutôt propret dans un endroit très vallonné, à flanc de coteau. On passe devant une maison à l’architecture étrange, construite dans les années 30,  étonnamment solide et belle pour le coin, qui s’avère être l’une des maisons historique de la famille Bikram Singh et appartenant aujourd’hui à l’un des huit frères de MBS.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est encore chez un autre frère de MBS que nous logerons ce soir. Sa maison est très bien tenue, elle a presque du charme. Elle est entourée d’arbres fruitiers, de fleurs, d’un petit bassin à poissons et, oh surprise, est pourvue de chiottes à l’extérieur, très propres, qui disposent d’une ampoule électrique et d’un robinet d’eau pour remplir le seau. Notre hôte possède trois vaches et quelques ares de terre. C’est un type visiblement malin et bienveillant, qui s’est astucieusement construit son confort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sont présents notre hôte, notre guide, ainsi qu’un intello Masal du hameau. On discute, déjeune, puis l’on est envoyés se reposer dans la chambre de notre hôte, à l’étage. La décoration de la chambre est étonnamment travaillée – outre les affiches délavées de chiots et de paysages normopathes américains qui font penser à des fonds d’écran Windows, il y a de petits papillons en plastique accrochés au plafond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La sieste effectuée, Benoît effectue une interview lors de laquelle je constate pour la première fois à quel point les Masals sont des idéalistes pacifiques et incultes, bien plus proches des communistes et du parti du Congrès que les maobadis au comportement violent. Pendant la guerre, les masals locaux ont lutté contre la violence des maoïstes aux côtés des communistes et congressistes. Nos amis nous racontent ainsi plusieurs histoires de guerre contre les maobadis, assez impressionnantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous partons pour le « market » de Bangemarot, c'est-à-dire le centre du hameau, dans la vallée, pourvu de quelques échoppes. Le trajet durera à nouveau plus longtemps que prévu, presque une heure, et vaudra à l’un de nos guides une sangsue sur son pied.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre arrivée au « market » est un évènement. Notre équipe masal nous fait visiter une école explosée par la guerre et une piste en train d’être construite. Mais on doit surtout se farcir un repas de noodles attablé en face d’une sacoche : le mec est raide mort et particulièrement pénible à notre égard. Curieusement, l’un de nos guides se sent extrêmement gêné, mais feint d’ignorer totalement l’incident. Comme en Inde, il s’agit de montrer son pays sous son meilleur jour. Il intervient gentiment, mais sans aucune efficacité, afin que l’on ne s’attarde pas près du pochtron.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors du retour, nous avons été suivis par une vingtaine de gamins qui se mettent à espionner tous nos faits et gestes dans la maison de Shankar Bikram Singh. Nous ne sommes pas enchantés, d’autant qu’on s’organise pour prendre notre douche, c'est-à-dire se foutre pratiquement nus et se verser de petits lampées d’eau froide à l’aide d’un godet. Mais c’est l’occasion pour de multiples blagues salaces en français concernant les adolescentes – vont-elles persister à nous regarder nous doucher ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois notre douche prise, et surtout après s’être justifiés sur le fait que nous prenons notre douche le soir, ce qui ne lasse pas d’étonner, Rana Bahadur me prend à parti pour me confier que l’une des filles, probablement vieille de 14 ans, n’ose pas venir me parler par timidité. Tandis que Benoît se déclare toujours marié pour éviter le sujet, j’avais dit plus tôt au colonel  que j’étais célibataire ; et lorsqu’il m’avait proposé de me marier à une népalaise, j’avais répondu pourquoi pas. Mais ce qui était au départ une petite blague répétitive entre nous, pensait-on, s’avère donc un peu plus sérieux que prévu. Finalement, la gamine à la chatte imberbe n’osera même pas venir me parler tandis que la bande de gosses curieux finira par partir la nuit tombée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous restons à discuter à l’extérieur de la maison avec le colonel. Bien qu’infesté de moustiques, le jardin est très agréable, le ciel dégagé, la lune est à l’envers par rapport à la France et des lucioles virevoltent. Pour meubler la conversation, on explique à Rana Bahadur qu’à Paris, on n’a pas un ciel aussi clair. « Bien sûr » répond-il, « il y a trop d’hélicoptères et d’avions pour que l’on puisse voir le ciel, chez vous. » On ne corrige rien. Pas besoin d’avoir vu Blade Runner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu après, les trois comparses (le colonel, Shankar Bikram Singh (que nous appelonds Ravi Shankar) et un nouveau venu en casquette) partent picoler de l’alcool homemade dans la maison. Ils insistent pour que l’on les imite, mais nous allons dîner avec la femme de Shankar. Il y a un peu de poisson pour dîner, ça change du pack Acuvue et c’est délicieux. Le poisson a été pêché par Shankar devant nous le matin même, dans le petit bassin qu’il a creusé devant sa maison. Pour respecter la cohérence de notre régime alimentaire fictif face à nos hôtes, je fais semblant de goûter du poisson pour la première fois de ma vie.&lt;br /&gt;Lorsque l’on rejoint les trois compères, seulement une vingtaine de minutes plus tard, ils sont déjà complètement torchés. L’ami en casquette, qui a l’air d’une racaille usée,  est le plus atteint : il se met à danser seul dans la pièce au son d’une cassette audio de Kollywood dont la bande n’est pas lue à vitesse très linéaire. Ravi Shankar est pas mal non plus, il radote totalement avec ses trois mots d’anglais, on comprend qu’il nous adore et qu’il est extrêmement flatté de nous recevoir. On est touchés ; malgré son anglais minimaliste, on s’accorde à penser qu’il est moderne, malin, gentil et beau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les trois sacoches partent dîner quelques minutes à leur tour puis reviennent raconter de la merde. L’ami en casquette nous propose de la beuh. On nous propose surtout, tout au long de la soirée, de picoler l’alcool maison. C’est la deuxième fois du séjour que je refuse : l’alcool est probablement coupé avec de l’eau polluée. J’invoque à nouveau  le fait que je ne bois pratiquement jamais ; mais à chaque fois, le fait de prononcer cette phrase provoque un fou-rire irrépressible chez Benoît et moi, que l’on doit cacher à tout prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ravi Shankar ne tarit pas de déclarations d’amour à notre égard, jusqu’à ce que l’on se pieute dans la chambre américaine, qui s’avère être la chambre du fils de Shankar.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca19mai-793180.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://www.adriencarpentier.com/acuvue/uploaded_images/caca19mai-793173.gif" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-7768696830333498795?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2008/03/samedi-19-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-6107950720128992594</guid><pubDate>Fri, 18 May 2007 17:17:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-28T05:13:23.480+02:00</atom:updated><title>Vendredi 18 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On se lève tardivement, vers 7h30. La jeune fille de la maison, belle-fille du propriétaire, que nous appelons affectueusement « la salope » puisqu’elle est la seule jeune femme de la région à oser nous regarder dans les yeux et nous adresser la parole, me propose tout de suite d’aller me laver le visage à la rivière. Je rapporte la proposition à Benoît, nous en concluons que l’on a bien avancé notre effort de drague.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se rend à la rivière sans la salope, et choisissons la première fontaine pour nous laver. Nous constatons notre erreur à la fin de notre toilette : ce n’est pas la douche mais le lavabo. Les villageois s’y lavent les dents, une deuxième fontaine, un peu plus loin, sert de douche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis passe notre guide Rana Bahadur Khadka qui tente de nous apprendre quelques mots de népalais, suivi par le mari de la salope, vendeur de matériel informatique à Katmandou, gentil mais peu loquace.&lt;br /&gt;C’est notre septième dhalbat depuis notre arrivée : le repas est l’occasion de compter le nombre de dhalbats restants : 35. Le chiffre est effrayant. La salope, qui décidément est bien jolie, revient comme à son habitude nous demander si l’on souhaite autre chose et nous prier de ne pas nous sentir gênés à demander quoi que ce soit. Ce n’est pas les idées de réponses salaces qui nous manquent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est aussi une journée caca : il semblerait que nous ayons bouché les chiottes du village réservés aux invités de marque. Il faut dire que nous sommes les premiers à y utiliser du PQ. Nous sommes maintenant contraints d’utiliser les chiottes publiques, où, aujourd’hui, nous avons tous les deux posé des bouses tels des vaches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme prévu, Rana Bahadur Khadka nous emmène à l’école du village qu’il dirige. On passe devant un bâtiment éventré et graffité par les maobadis, ce fut la mairie de Machchhi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’école de Machchhi, juste en hauteur du village, nous reçoit en grande pompe. On serre les mains de tous les profs comme des présidents en campagne, tous sont très honorés et extrêmement zélés. Lorsque l’on traverse la cour pleine d’élèves, le temps s’arrête, tout le monde se fige pour nous mater. La visite de deux blancs est un évènement majeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le petit comité des profs qui nous reçoivent exige que l’on intervienne auprès des élèves. On est alors conduits dans une salle de classe où il semble que l’on ait rassemblé la totalité des élèves de l’école, soit une centaine, et où l’ont doit répondre aux questions des enfants : la situation du communisme en France, le nombre de partis politiques, Napoléon Bonaparte, nos opinions politiques… Nos réponses demandent beaucoup de diplomatie pour ne vexer personne. Le prof d’anglais le plus zélé, qui nous traite comme de très hautes personnalités, se charge de traduire nos réponses. Les questions des élèves sont bien entendues soufflées par les profs. Je prends quelques photos de la scène tandis que Benoît se charge de répondre à la majorité des questions. Et lorsque c’est à notre tour de poser des questions à la classe, ce sont bien entendu les profs qui se consultent pour nous répondre. Les élèves n’ont droit à aucune initiative ni opinion personnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après cette session parlementaire, on est réuni avec l’ensemble de l’équipe enseignante pour une séance similaire auprès des adultes. Sur une quinzaine de profs présents, seulement trois sont des femmes, et elles ne sortiront pas un mot de la séance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Benoît commence par poser de nombreuses questions sur les opinions politiques de profs, leur action, mais il s’avère que ceux-ci ne sont pas tous des gauchistes, et l’ambiance se tend visiblement. Dans le tas, il y aurait des ultraconservateurs (RPP, nationalistes hindous en faveur de la monarchie), ennemis des révolutionnaires. Nous parvenons à la détendre un peu en souriant et en invoquant la neutralité de notre point de vue… Benoît se renseigne aussi sur la situation des femmes, ce sont les hommes qui répondent brièvement à la question : la situation des femmes ne pose pas de problème !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La séance se retourne très vite en session de questions sur la France, la politique française, nos opinions politique, le système éducatif et même notre mode de vie. L’équipe semble fascinée par nos réponses, bien qu’à nouveau il s’agisse d’être très diplomate sur les questions politiques et même morales. Nous sommes encore une fois, pour l’occasion, des « leftists », ce qui reste suffisamment vague pour nous arranger. Comme à chaque fois, nous prenons un malin plaisir à donner le prix de nos loyers parisiens en roupies népalaises, car la plupart du temps, ils n’ont connaissance que des hauts revenus en occident et ont une idée complètement farfelue du pouvoir d’achat des blancs. Pas étonnant qu’ensuite, ils rêvent d’émigrer… Nous constatons à vrai dire un grand nombre de choses étonnantes : que ces maoïstes ne connaissent absolument rien au socialisme, à quel point ils méconnaissent l’occident, que le compromis politique est l’apanage des systèmes politiques matures uniquement, que leurs approches politiques, bien qu’intelligentes et idéalistes, manquent cruellement d’informations sur l’extérieur…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je décide enfin de m’octroyer un petit plaisir en évoquant la situation des femmes en France et quelques sujets moraux comme le divorce ou la religion. Je m’autodéclare pour commencer fils de divorcés, ce qui ne manque pas de les intriguer. Nous plaçons, avec un air blasé, qu’en France, les femmes héritent des biens comme les hommes. Je surveille du coin de l’œil les réactions des trois femmes – elles gloussent, tandis que nos propos soulèvent très nettement de nombreuses discussions animées dans la salle. Je jubile. Benoît me glisse judicieusement que les meufs mouillent probablement leur chatte et que nous nous ferons très probablement sucer la bite dès ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons l’impression globale d’être des colons blancs apportant le savoir. En sortant enfin de ces deux heures de discussions, nous sommes de bonne humeur et notre égo en sort grandi. Pour une fois, nos différences ne nous humilient pas. L’équipe nous adore, l’opération est un succès total. Dorénavant, nous avons l’impression que nous serons des dieux au village. Pour la suite de la journée, ce fut effectivement le cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous descendons en procession officielle de l’école vers le village. Les adieux sont incroyablement enthousiastes et zélés. Nous ressassons nos propos avec Benoît afin de savoir si l’on a été trop loin. Concernant les femmes, il est pour nous clair qu’un certain nombre d’entre elles pourraient très bien ne pas avoir apprécié nos vues occidentales : ce sont souvent les femmes qui participent le plus à la conservation de valeurs réactionnaires, voire misogynes, en élevant leurs enfants. Mais lors d’un thé avec les vieux intellos du village, on remarque à quel point l’ambiance générale s’est détendue. Le « proviseur » de l’école, qui porte un torchon sur sa tête rasée, est sympathique et intelligent. Lors de notre redescente vers le village, nous acquérons la certitude que c’est la « taupe » réactionnaire RPP. D’abord, son torchon sur la tête est un symbole de veuvage qu’il doit porter un an selon la tradition religieuse hindoue, nous explique-t-il. Ensuite, en désignant un paysan en train de labourer avec un socle en bois, il nous prend à parti pour se plaindre que les paysans sont utilisés à des fins politiques, faisant référence aux maoïstes. Enfin, lors du thé, il reste en dehors de l’échoppe : c’est un brahmane et nous, blancs, sommes des hors-castes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le neveu de MBS, l’informaticien de Katmandou, nous apprend une fois à la « maison », qu’il y a Internet et l’ISD au village, au bureau Western Union situé à 15 mètres de la maison. Encore une initiative de la progressiste famille de MBS. On s’y rend immédiatement, mais il n’y a pas d’électricité. Lorsque celle-ci reviendra, nous parviendrons à envoyer un e-mail en une heure trente de connexion satellitaire… pendant que l’informaticien donne un gigantesque coup de pied sonore au chien qui dormait devant le bureau. Celui-ci pousse un glapissement terrible et fuit en boitant. Nous rigolons comme Beavis et Butthead.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous entamons une discussion devant le Western Union avec le prof d’anglais qui était passé à la maison la veille au soir. Les questions sont à peu près les mêmes et ça commence nettement à devenir lassant. On prend notre pied à expliquer que la moitié de nos compatriotes ne croient pas en dieu. Les réactions sont incrédules… Et lorsqu’il désire  connaître la proportion d’hindous en France, Benoît se lâche : 0,1%. Tout le monde prend le chiffre tel quel, et Benoît arbore un petit sourire satisfait…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le prof d’anglais conseille à Benoît de rendre visite à un autre intello du village que nous n’avons pas encore rencontré. Carnet à la main pour noter le nom, on se sent dans un jeu de rôle à la Morrowind, d’autant que la map, limitée pour l’instant à Machchhi, a une taille très vidéoludique. Nous la jouons fine pour faire augmenter la jauge sympathie vis-à-vis du NPC, nous choisissons les phrases et réponses toutes faites pour finalement obtenir un contact que l’on note dans le carnet. L’échoppe du contact s’affiche alors sur la carte du village, elle est à 30 mètres. En nous y rendant, il s’avère que c’est l’auteur d’une biographie de MBS que Benoît possède.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un dhalbhat de plus et une nouvelle bouse dans le noir des chiottes publics éclairée par une LED sur le front, nous nous pieutons. Il est prévu d’aller à Bangemarot, un village voisin situé à une heure de marche théorique, le lendemain.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-6107950720128992594?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/vendredi-18-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-1366839719070356026</guid><pubDate>Thu, 17 May 2007 17:21:00 +0000</pubDate><atom:updated>2009-06-10T16:37:26.052+02:00</atom:updated><title>Jeudi 17 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;4h45 du matin. Gun se lève et allume la lumière de la chambre. Il prend sa douche, et entreprend de nous lever. Nous nous préparons, puis discutons de l’argent que nous lui donnerons  puisqu'il retourne aujourd’hui à Katmandou. Gun estime que, quoiqu’il arrive, nous sommes avant tout des amis – il souhaite nous inviter à Katmandou et nous présenter sa femme et ses filles. Se taper un dhalbat de plus après notre retour à Katmandou, cela ne nous réjouit pas.  Nous donnons à Gun 2000 roupies (25 euros) pour son retour à Katmandou, il a l’air très satisfait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après de brèves salutations à Ishwari Bhandari qui sera notre guide aujourd’hui, nous montons dans une jeep bondée et prenons place parmi les 5 personnes,de la banquette avant, à côté d’une népalaise qui doit caser le levier de vitesses entre ses jambes. Elle me repousse la cuisse lorsque je m’installe. Elle a l’air contrariée, peut-être moins par son inconfort que par sa position équivoque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bloquée par un tracteur croulant sur la route principale en terre, la jeep ne peut sortir du village. Sur la remorque du tracteur, deux ouvriers s’affairent à charger quelque marchandise moisie. Le chauffeur de la jeep se met alors à klaxonner sans discontinuer pendant de longues minutes, mais aucun des ouvriers ne se retourne. Les deux véhicules sont pratiquement les seuls du village, qui est accessoirement la capitale du district.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’est décidé de faire marche arrière qu’au bout de longues minutes, mais le chauffeur ne peut enclencher la vitesse entre les jambes de la jeune fille. A chaque tentative, il lui effleure l’entrejambe. Visiblement gênée, la fille réajuste compulsivement son sari.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfi, après une tentative ratée pour passer sur la gauche du tracteur où il n’y a qu’un profond caniveau en béton, le tracteur finit par se mouvoir et notre jeep peut partir sur les routes défoncées. Bien entendu, au bout de dix minutes de trajet, on stoppe à Bagdula. Nous  y faisons nos adieux à Gun, pendant qu’un cuisinier malaxe une mixture pour le déjeuner dans une échoppe noirâtre. On patiente en attendant le redémarrage de la jeep sur le rebord d’une autre échoppe qui vend une dizaine de Bollywood pirates en VCD.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La jeep finit par rembarquer tout le monde une demi-heure plus tard, puis, au bout d’une dizaine de minutes de route, dépose la fille dans son village. Elle est échangée avec un moustachu afin de remplir à nouveau la banquette avant de ses quatre passagers, en sus du conducteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On arrive à Maachchhi au bout d’une heure trente d’arrêts. Le trajet s’annonçait comme plus calme et plus sûr que nos trajets précédents en bus, mais la piste, à flanc de colline et au dessus des rizières tout de son long, donnait en permanence l’impression que la jeep va verser dans le ravin. Nous fûmes notamment les passagers d’une course-poursuite un brin angoissante, klaxon enfoncé continûment, avec une jeep similaire qui penchait très fortement du côté de la vallée, mais dont la demi-douzaine de personnes sur son toit ne semblait pas s’en soucier. Notre chauffeur put finalement la doubler dans une gracieuse petite glissade dans la boue, la roue arrière gauche dans le vide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le village de Machchhi, d’où est originaire Mohan Bikram Singh, est bien loti grâce aux investissements de son célèbre ressortissant : il comporte notamment un bureau Western Union tenu par l’un de ses frères. C’est à côté du Western Union que nous tenons notre première conversation silencieuse - il faudra s’y habituer, celle-ci durera dans les trente minutes. On nous emmène finalement là où nous logerons pendant de nombreuses nuits : c’est une pièce de passage de la maison de Mohan Bikram Singh, une maison de notable comportant même une petite télé. Dans ce salon rustique, Ishwari Bhandari entame une conversation inepte, puis politique, bientôt rejoint par Rana Bahadur Khadka, notre futur guide. Viennent ensuite les questions qui deviendront bientôt habituelles : quel type de nourriture nous mangeons en France ? Existe-t-il des vaches, des éléphants ? Utilise-t-on le dollar en France ? D’abord Surpris par nos réponses, ils nous avertissent ensuite : bien entendu, la plupart des villageois pensent et penseront que nous sommes américains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On nous apporte le déjeuner. Toute la clique reste assise face à nous, silencieusement, à nous regarder manger notre dhalbat. Le dhalbat, c’est le seul plat qui existe dans la région, c’est censé être composé de riz et de lentilles en sauce. Mais au Népal, pour une raison obscure – peut-être  à cause de la pauvreté des terres, il n’y a pratiquement pas de lentilles dans la sauce. Le dhalbat n’est généralement qu’une plâtrée de riz épais sur laquelle on verse une sauce aqueuse verdâtre. Parfois, une unique lentille atrophiée barbote dans la sauce : c’est un « pack Acuvue ». L’idée nous fait hurler de rire, ce qui vexe très visiblement la brochette de personnes en présence. Perspicace, Rana Bahadure Khadka nous demande à la fin de notre déjeuner si l’on se moquait de la nourriture. Protestations éhontées de notre part.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On remplit notre première gourde de Micropure et en expliquons le principe à nos hôtes. Nous passons évidemment pour des tafioles. Les trois heures suivantes se passent alors que nous nous regardons en chiens de faience, alors que l’on a dormi très peu depuis 3 jours. Je prends l’initiative de passer pour l’enculé et leur dis que l’on a envie de dormir. De façon surprenante, ils quittent immédiatement la pièce. « A demain » disent-ils ; il est midi. Nous nous endormons une heure et demi, je finis Régis Jauffret, le livre me procure une sensation de malaise intense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous décidons de partir se balader dans la vallée. Il s’agit d’éviter les enfants qui nous poursuivent en changeant de trajectoire entre les rizières. Nous les perdons avec succès, mais nous n’arrivons pas à éviter un fermier qui nous installe et nous tchatche en népali pendant un quart d’heure. On ne comprend strictement rien, mais acquiesçons « aaan ». Grâce à quelques bribes de népali bien placées, Benoît parvient à créer l’illusion que nous sommes bilingues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour trouver enfin un peu d’isolement, nous nous retranchons sur un rocher au milieu de la rivière et discutons pour passer le temps. Les sujets de discussion apparaissent infinis, c’est enthousiasmant pour la suite : nous savons que cela sera utile. En deux heures et demie, nous parvenons à évoquer : l’imposture dans la vie, nos succès intestinaux du jour, les chattes népalaises, la supériorité occidentale, la misanthropie à l’égard des gosses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous rentrons enfin au village et en profitons pour acheter des cahiers. La « papeterie » est tenue par deux jolies népalaises terrorisées par ces deux blancs peu vertueux qui sourient en demandant des cahiers. Tous orifices serrés, elles ne rendent aucun sourire.&lt;br /&gt;Nos trois cahiers fraîchement achetés sont « made in Nepal », « a tradition in quality », ils sont reliés par des agrafes rouillées loin de la pliure, leur forme est celle d’un parallélépipède. Leur qualité globale nous fascine : nous y voyons le symbole d’un pays incroyablement pauvre. C’est la première fois que je contemple un produit fabriqué au Népal, où l’activité industrielle est quasi-nulle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rentrés à la « maison », on nous apporte notre dhalbat. Nos estomacs occidentaux, habitués à de petites quantités riches en nutriments, sont incapables d’ingurgiter autant de riz gorgé d’eau. Trois jeunes gens inconnus rentrent subitement dans notre « chambre » pendant le repas et s’installent pour nous regarder manger silencieusement, avant d’être rejoints par notre hôte (le frère de Mohan) et sa femme. Nous sommes deux blancs en train de manger observés scrupuleusement par cinq népalais confortablement installés – c’est le zoo. Je termine mon repas en premier et me retourne pour leur parler. Il s’avère que les jeunes mecs sont des profs de l’école du village - des intellectuels locaux en somme - venus nous poser des questions sur la France.  Que mange-t-on ? Quel travail font les gens ? Comment fonctionne le système scolaire français ? Que produit-on ? Quelle langue parle-t-on ? Cela dure bien une heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous couchons péniblement, il a fallu user de stratagèmes pour chasser la femme et les gosses qui squattent notre « chambre » pour mater la TV trois couleurs. La nuit est difficile, il fait très chaud et les moustiques s’en donnent à cœur joie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-1366839719070356026?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/05/jeudi-17-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-6488673646590579905</guid><pubDate>Tue, 15 May 2007 23:39:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-28T05:16:59.910+02:00</atom:updated><title>Mercredi 16 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;5h : Lever.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6h : Départ du bus, limite, attrapé à la volée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6h01 : Premier arrêt. Voix fortes en népali.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6h05 : Deuxième arrêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6h45 : Plein d’essence, moteur allumé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8h30 : Le pare-brise explose à plein vitesse, sans raison apparente. Le conducteur stoppe pour dégager quelques bris de verre et ce qui reste de pare-brise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8H45 : Pause pipi et dégagement définitif du reste du pare-brise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8h47 : Un orage de mousson éclate. Le conducteur ralentit légèrement. Les passagers prennent tous la pluie torrentielle de face.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;9h15 : Le conducteur s’arrête pour s’emmitoufler d’un sac poubelle, et conduit dorénavant dos à la route en regardant ses passagers afin de ne pas prendre trop de pluie sur le visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;10h30 : Le bus s’arrête au fond d’une gorge, les passagers descendent. Un pont, dynamité par les maoïstes il y a plusieurs mois, est en réparation, impraticable. Une piste en terre passe par la vallée, mais elle est complètement submergée. Il pleut violemment, le gué est devenu un torrent en furie, aucun véhicule ne peut passer. Une jeep de l’ONU est parmi les véhicules bloqués, son conducteur signale sa position au QG avec un téléphone satellite, on a l’impression d’être dans les Fils de l’Homme. La pluie ne cesse pas, on nous conseille de ne pas rester en dessous de la falaise à cause des éboulements. Notre bus s’est judicieusement garé en dessous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;11h30 : Parmi toutes les personnes bloquées, l’une parle bien anglais, et nous explique que les véhicules peuvent fort bien restés bloqués plusieurs jours. On décide enfin de franchir le pont à pied avec nos sacs et d’essayer d’attraper un bus de l’autre côté. On veut aussi se faire rembourser le bus, mais impossible de mettre la main sur le conducteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;12h30 : Gun, notre guide, finit par obtenir 400 roupies, dont 100 indiennes. Nous franchissons le pont et grimpons dans une jeep&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;12h40 : Arrêt au bout d’un kilomètre. Dhalbat au bord de la route dans un bouiboui en toit de paille. La pluie cesse. On attend un bus qui doit passer devant le bouiboui&lt;br /&gt;13h10 : Un bus passe. Il est bondé. Nous payons les dhalbats en vitesse et courons pour monter sur le toit du bus. Quelques discussions politiques limitées sur le toit du bus&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;13h50 : A l’approche de Bhaluwang, à 300 mètres du village, il nous est demandé de descendre du toit. Des policiers pourraient verbaliser. On continue à pied, le bus redémarre sans personne sur le toit mais des dizaines d’autres accrochées sur ses côtés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;14h00 : Arrivée à Bhaluwang, village insalubre, dernier avant les pistes en terre de montagne. Un autre bus passe, on y monte précipitamment. Un trajet effroyable de 40 kilomètres et de 3 heures, au bord de précipices, commence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;14h30 : Premier arrêt. Des sacs sont tombés du toit sur la piste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;15h : Arrêt bouffe. On mange des bananes peu ragoûtantes. Présentations avec un népalais de la marine – pour rappel le Népal n’a aucun accès à la mer – ayant vécu en Jamaïque et à Bombay. Il s’enquiert auprès de moi de la pornographie et des meufs en occident.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;15h20 : Le bus repart&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;17h30 : Arrivée à Bijuwar, « capitale économique » du Pyuthan. Rencontre avec Ishwari Bhandari, journaliste politique et petit leader Masal. Notre première conversation silencieuse a lieu, dans son  petit bureau : nous nous regardons sans parler pendant 30 minutes. Benoît précise que pendant 3 semaines, cela sera toujours comme ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On rencontre quelques autres personnages de la ville, puis on nous amène à l’ « hotel » où l’on dormira. On est épuisés, mais plusieurs personnes s’invitent dans la chambre et planifient notre voyage. Il est notamment décidé que nous partirons dès le lendemain matin pour Okarkhot, ou plutôt Maachchhi, le village d’origine de Mohan Bikram Singh.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les protagonistes discutent une heure dans notre chambre en népali. On se met donc à parler français en même temps, et entamons avec Benoît une discussion sur les satellites artificiels. Puis, on descend un petit escalier en torchis pour aller dîner. C’est à nouveau un dhalbat. Une petite télévision diffuse National Geographic en qualité parfaite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La « manager » de l’hôtel remplit le seau pour notre douche et converse brièvement. Il a travaillé 4 ans en Arabie Saoudite, qui lui a tout donné, mais qu’il critique pour son obsession de la religion. On s’étonne de sa retraite dans le Pyuthan. Il veut améliorer son hôtel ; avec Benoît on est persuadés qu’il accueillera Paris Hilton lors de son prochain passage à Bijuwar.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On teste la douche au seau et les chiottes puants, avant de se coucher avec Gun dans nos sacs de couchage, contrefaçons de North Face achetés 25 euros à Katmandou.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-6488673646590579905?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/06/mercredi-16-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item><item><guid isPermaLink='false'>tag:blogger.com,1999:blog-7623698382449156130.post-9047421555134074397</guid><pubDate>Mon, 14 May 2007 23:35:00 +0000</pubDate><atom:updated>2008-06-28T05:14:52.305+02:00</atom:updated><title>Mardi 15 mai</title><description>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;4h15 : Lever.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5h15 : Taxi vers la gare routière. Le chauffeur exige 300 roupies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6h : Départ du bus, à l’heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6h01 : Premier arrêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6h20 : Nouveau départ.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;9h15 : Le bus ralentit pour éviter une moto ensanglantée dans la descente du col de Katmandou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;10h30 : Accident. Après un aquaplanning d’une centaine de mètres pour éviter un camion arrivant de face, le bus se couche sur le renverse sur le bas-côté de la route avec tous ses passagers à bord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;11h : On entreprend de redresser le bus à la main. Temps annoncé : 2 heures de travaux. Attente sous la pluie de mousson, puis dans un dhaba ne possédant pas d’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;13h : Heure officielle de redressement du bus. Le bus n’a pas bougé. Il resterait 1 heure de travaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;15h : Une poutre de bois soutient le bus sur le côté. Des pierres sont placées petit à petit sous les roues du bus. Il ne resterait plus que 10 minutes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;16h15 : Le bus est donc redressé à l’aide de cailloux. Il repart. On constate que la roue avant droite avant a souffert de l’accident.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;16h30 : Arrêt à une station service. La roue avant droite est échangée avec la roue arrière gauche pour plus de sécurité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;16h50 : Nouveau départ.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;17h15 : Arrêt. On croise un militant communiste, ami de Benoît, qui se joint à notre voyage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;18h : Arrêt. La route est bloquée par une « bandha », une grève totale de toute activité nationale – un piéton a été écrasé par un bus et les habitants organisent un blocus de la route principale du pays. Notre bus s’arrête à la suite d’une file de poids lourds de plusieurs kilomètres. Le barrage est constitué de branches d’arbres.  On annonce un temps d’attente de 1 heure à plusieurs jours, en riant. On décide de chercher un logement devant la route, sans succès. On prend un thé et des nouilles réhydratées en compagnie de la majorité des moustiques d’Asie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;19h30 : Le blocus est subitement levé. Nous lançons la monnaie à l’échoppe et attrapons de justesse notre bus qui passe avec nos sacs dedans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;21h : Notre bus se fait doubler pour la première fois. Il accélère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;22h : Le bus atteint Butwal, capitale de la région plate.  Le chauffeur du bus n’a pas dormi depuis 16 heures, la roue arrière est cassée, le trajet le plus long et le plus dangereuxreste à faire  sur une piste en terre dans la montagne. Ces quelques remarques nous incitent à abandonner le bus et à passer la nuit à Butwal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous optons pour un hôtel neuf, à l’architecture néo-gréco-romaine couleur épinard vomi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='//blogger.googleusercontent.com/tracker/7623698382449156130-9047421555134074397?l=www.adriencarpentier.com%2Facuvue'/&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://www.adriencarpentier.com/acuvue/2007/06/mardi-15-mai.html</link><author>noreply@blogger.com (Adrien)</author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></item></channel></rss>