Le passage à niveau indien
Le Piéton est moins solide que le Vélo qui est moins solide que la Moto qui est moins solide que le Rickshaw dégueu qui est moins solide que l’Auto qui est moins solide que le Bus qui est moins solide que le Train.
De sorte que le Bus s’arrête pour laisser passer le Train. D’où un poste d’observation intéressant.
On peut noter que l’Auto s’arrête aussi pour laisser passer le Train : la relation d’ordre est transitive. Pendant que la barrière du passage à niveau est fermée, l’Auto double les autres autos pour venir se coller à la barrière sur la voie de droite. Toutes les autres autos lui emboîtent alors le pas, puisque la relation d’ordre est également réflexive. Au bout du compte, la file d’attente se trouve avoir pivoté d’exactement 90 degrés en quelques secondes, les véhicules se sont retrouvés tous côte à côte, face à la barrière du passage à niveau, rappelant le départ du Quinté+ à l’hippodrome de Longchamp. Cet esprit chenapan chamboule agréablement la relation d’ordre, un peu trop définitive en temps normal à mon goût.
Malheureusement, de l’autre côté de la voir ferrée, les véhicules ont effectué strictement la même manœuvre. De sorte qu’après l’ouverture si attendue du passage à niveau, les véhicules restent bloqués face à face durant plusieurs années ; les sauveteurs retrouvent finalement les cadavres des conducteurs en état de décomposition avancée, et, sur les klaxons, des moignons aux os broyés.
De sorte que le Bus s’arrête pour laisser passer le Train. D’où un poste d’observation intéressant.
On peut noter que l’Auto s’arrête aussi pour laisser passer le Train : la relation d’ordre est transitive. Pendant que la barrière du passage à niveau est fermée, l’Auto double les autres autos pour venir se coller à la barrière sur la voie de droite. Toutes les autres autos lui emboîtent alors le pas, puisque la relation d’ordre est également réflexive. Au bout du compte, la file d’attente se trouve avoir pivoté d’exactement 90 degrés en quelques secondes, les véhicules se sont retrouvés tous côte à côte, face à la barrière du passage à niveau, rappelant le départ du Quinté+ à l’hippodrome de Longchamp. Cet esprit chenapan chamboule agréablement la relation d’ordre, un peu trop définitive en temps normal à mon goût.
Malheureusement, de l’autre côté de la voir ferrée, les véhicules ont effectué strictement la même manœuvre. De sorte qu’après l’ouverture si attendue du passage à niveau, les véhicules restent bloqués face à face durant plusieurs années ; les sauveteurs retrouvent finalement les cadavres des conducteurs en état de décomposition avancée, et, sur les klaxons, des moignons aux os broyés.

8 Comments:
c'était un rêve que tu nous racontes là? un fantasme? une improvisation scénaristique?
C'est la stricte vérité. Avec une lichette d'éxagération, comme parfois...
J'ai déjà entendu cette anecdote, je n'y avais pas cru.
Maintenant que les sources sont recoupées, j'y crois.
La vérité, c'est ce qui se produit au moins deux fois.
Comme dirait James Stewart, la dernière phrase du post, "c'est dégueulasse". Hope u doin' well man, seeya !
Quand est-ce que tu viens roadtripper avec moi dans l'autre grand pays fédéral ? Cette fois, c'est chauffeur, histoire de pas se payer une vache sacrée après avoir glissé sur la neige...
Ouais, je témoigne, tout est vrai.
Durant notre voyage sur le toit d'un bus, nous avons attendu près d'une heure à un passage à niveau, le temps qu'un train de deux kilomètres de long passe.
On s'est d'ailleurs fait caillasser par des indiens mécontents quand le bus est reparti. Allez savoir pourquoi...
Sous-entendrais-tu que le Piéton armé de pierres est plus fort que le Bus ?
je pense qu'il faudrait le rajouter à ta chaîne...
En tous cas, il est plus fort que le passager du bus sur le toit...
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