I'm horny
De même que les américains avec les cheerleaders, les allemands avec le film X, les japonais avec les écolières et les anglais avec les écoliers, les indiens ont un rapport malsain avec le klaxon. Cela saute au yeux puisque le garagiste et ses acolytes esquissent tous un sourire pervers lorsque tu demandes à faire installer un double klaxon surpuissant sur ta moto : « You want to hear ? » me demandent-ils, attendant ma réponse comme des japonais attendraient l’aval du proviseur pédophile pour toucher un sein de jeune écolière ligotée. Inquiet, je leur donne tout de même mon accord, alors, les garagistes sortent une batterie et je m’éloigne de quelques centaines de mètres afin de préserver ce qui me reste de tympans, limaçons et enclumes après quatre mois de vie en Inde.
Mes signes de tête insistants pour signifier que je suis satisfait par la puissance sonore de mon nouveau double klaxon n’y font rien, les garagistes sont désormais entrés dans une phase de transe et ne prêtent plus attention à moi, faisant correspondre à répétition les fils du klaxon aux bornes de la batterie, leurs visages sont marqués d'un rictus sadique, leurs yeux sortent des orbites, plus rien ne semble les arrêter. J’ai la désagréable impression d’assister à l’orgasme simultané de plusieurs moustachus. Et leur orgasme mystique ne s’arrête malheureusement pas là : après l’installation du kit infernal sur mon Enfield, une nouvelle phase inutile de tests pervers reprend, in situ.
J’habite heureusement dans un endroit plus chaste, presque aussi silencieux que la rue de Rivoli. Mais je suis situé à côté de la gare ferroviaire de Nizamuddin, de sorte qu’à quatre heures du matin, pendant plusieurs heures de débauche nocturne, je peux entendre les cheminots forniquer en cœur avec les klaxons électropneumatiques d’une puissance de 3 500 Watts de leurs locomotives arrêtées.
Mes signes de tête insistants pour signifier que je suis satisfait par la puissance sonore de mon nouveau double klaxon n’y font rien, les garagistes sont désormais entrés dans une phase de transe et ne prêtent plus attention à moi, faisant correspondre à répétition les fils du klaxon aux bornes de la batterie, leurs visages sont marqués d'un rictus sadique, leurs yeux sortent des orbites, plus rien ne semble les arrêter. J’ai la désagréable impression d’assister à l’orgasme simultané de plusieurs moustachus. Et leur orgasme mystique ne s’arrête malheureusement pas là : après l’installation du kit infernal sur mon Enfield, une nouvelle phase inutile de tests pervers reprend, in situ.
J’habite heureusement dans un endroit plus chaste, presque aussi silencieux que la rue de Rivoli. Mais je suis situé à côté de la gare ferroviaire de Nizamuddin, de sorte qu’à quatre heures du matin, pendant plusieurs heures de débauche nocturne, je peux entendre les cheminots forniquer en cœur avec les klaxons électropneumatiques d’une puissance de 3 500 Watts de leurs locomotives arrêtées.
Imagine les Etats-Unis où le viol de cheerleaders serait aussi anodin et facile que le fait d’appuyer sur un bouton - vaste partouze, pays totalement invivable, à moins que l’on s’y mette aussi. En Inde, à force de subir en permanence cette partouze klaxonatoire, le parisien déjà grivois devient carrément un obsédé pathologique : à la place d’actionner phares, clignotant, volant ou frein, sa conduite ne requiert plus qu’un seul bouton, actionné continûment dans un râle de jouissance crispée.

5 Comments:
Tu te rappelleras que certains n'osent plus goûter à la partouze klaxonatoire et indiquent sobrement à l'arrière de leurs rickshaws : "Don't horn please". D'autres, toujours chauds comme la braiz, préfèrent un : "Please, horn !!". Une belle incitation au viol auditif...
C'est vrai qu'en Inde, on peut voir un assortiment des véhicules les plus pourris/improbables de la planète, mais une chose est sûre : le klaxon sera en état de marche.
Allez ciao, power break et tata ok à tous.
Qu'il doit te paraître loin, ton "ding ding ding" parisien et courtois...
Je n'ai jamais vu de "don't horn please". Tu as fait un voeu j'espère ?
Ce n'est pas parce que ma moto est au garage, un câble de commande de compression cassé, son klaxon surpuissant toujours vaillant, que c'est un véhicule pourri/improbable !
Tout cela a l'air très vrai, et comme je suis un garçon tout sage, et bien je préfèrais être américain. Je sais pas si ça peut se voir en Inde, mais le rapport des américains aux cheerleaders est excellent dans A history of violence - il y a sûrement des gens pour te vendre des versions pirates partout dans la rue, enfin j'espère.
Puisque tu accentues ton rapport malsain aux l'avertisseur sonore des voitures, je te ferai écouter le nouveau klaxon de ma clio si elle tient jusque ton prochain passage à Paris, mon frère a dû l'installer pour le contrôle technique, ça fait un bruit d'ambulance.
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