Le droit indien du travail indien
En glissant hier dans ma deuxième salle de bains, celle de l’eau chaude, mon majordome Bhranpal s’est cassé le bras. A l’instar de la mort par électrocution dans une salle de bain à 300 volts, le vol plané de Bhranbite est un accident très indien, qui rappelle que l’hostilité démentielle de l’Inde s’introduit jusque dans l’appartement du riche. Carrelée d’angles saillants, œuvre cubiste de l’architecte d’intérieur indien, et glissante comme l’aquaboulevard de Bondy fermé sur décision de justice après plusieurs morts accidentelles, ma deuxième salle de bains s’appréhende tous les jours avec autant de précaution que le premier pas du premier homme sur Mercure. Bhranbite aura cette fois négligé un paramètre ; selon lui c’est Dieu, selon moi Murphy, ce qui revient au même, pour ceux qui ont foi en la loose.
Bhranbite m’a demandé de lui prêter un peu d’argent pour payer ses frais d’hospitalisation et son plâtre. Magnanime, j’ai accepté, même si j’hésite encore à l’attaquer aux prud’hommes pour avoir tâché de sang ma deuxième salle de bains au cours d’un travail au noir sans assurance sociale dans mon appartement. Tous les procès gagnés par les superstars de Bollywood pour avoir écrasé des mendiants en conduisant bourrés à Bombay ont sûrement fait jurisprudence.
A mon réveil ce matin, un nièce de Bhranpal imberbe en sari jaune fluo m'a fait "namasté" depuis ma cuisine, déjà attelée à la vaisselle et à la préparation de mon petit déjeuner, et dirigée par Bhranpal, chef d’orchestre à la baguette en plâtre, tandis que celui-ci me proposait de payer lui-même le repassage externalisé de mes chemises sur-mesure. Admirable exemple d'outsourcing dans le Tiers-Monde.
Bhranbite m’a demandé de lui prêter un peu d’argent pour payer ses frais d’hospitalisation et son plâtre. Magnanime, j’ai accepté, même si j’hésite encore à l’attaquer aux prud’hommes pour avoir tâché de sang ma deuxième salle de bains au cours d’un travail au noir sans assurance sociale dans mon appartement. Tous les procès gagnés par les superstars de Bollywood pour avoir écrasé des mendiants en conduisant bourrés à Bombay ont sûrement fait jurisprudence.
A mon réveil ce matin, un nièce de Bhranpal imberbe en sari jaune fluo m'a fait "namasté" depuis ma cuisine, déjà attelée à la vaisselle et à la préparation de mon petit déjeuner, et dirigée par Bhranpal, chef d’orchestre à la baguette en plâtre, tandis que celui-ci me proposait de payer lui-même le repassage externalisé de mes chemises sur-mesure. Admirable exemple d'outsourcing dans le Tiers-Monde.

12 Comments:
A quand les photos du platre dans l'eau de vaisselle ?
Je suis partagé entre l'horreur que cela m'inspire et l'envie terrible d'avoir un Branphal à la maison.
C'est amusant, ici on appelle ça des mexicains.
La prochaine fois, Moustacheland pourra se pencher sur l'horrible, le vrai.
Je veux parler de la chaleur, bien sûr.
merci encore adrien pour ces instants de détente... (. . .)
les derniers postes sont toujours aussi hilarants.
on se voit sans faute la semaine prochaine!
la nièce de branbite est-elle excitante? si oui, comptes-tu demander à branbite un dédommagement en nature pour le carrelage de la salle de bain?
Bien, les points de suspension, mon ami stagiaire école de commerce.
Tu me perces à jour, la nièce de Bhranbite m'excite passablement (je la percerai bien, aurait écrit et fait Oussama BenLiquid). Je me demandais ce matin à combien se montait la dot.
Ca, ce serait un souvenir indien qui aurait de la gueule. Rien à voir avec les habituels batons d'encens et autres figurines kitsch.
I am sorry Sir, I already paid Your girlfriend in nature this morning in your bed when You were at work. By the way, it was really great...
Aux US aussi il y a des Bhranbites mais qui sont Mexicains: du coup ils ont aussi la moustache mais ils s'appellent Pepito.
Wouuuuof, prends ça dans ta gueule de blanco riche! Décidément je suis pas pret de me payer une ayi (阿姨 oui celle là même) avec les risques que ça comporte, surtout que sur les boiseries du sauna, ça ferait tâche, le sang...
Tu parles de chaleur Adrien, s'agit-il des rapports humains que tu entretiens avec ton majordome ? Je n'ose croire que les 33,5°C à l'ombre de ce début de printemps soient insouffrable, si ?
insouffrable? bel anglicisme, pour oser ca il faut au moins etre américain, ou expat à DC depuis 25 ans...
ça craint l'Inde...
Pam.
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