Tertiobroyeur
Même les moins crédules et les plus réticents au complot mondial visant à justifier des salaires élevés par l'impression et le broyage de documents, i.e. le secteur tertiaire, peuvent naïvement se faire berner pendant plusieurs mois par un vieux qui utilise intensivement le broyeur à papier.
D’abord, l’action de broyer, incontestablement violente, renvoie à la face morne de tes collègues de bureau du catalogue JPG, à quel point tes documents ont bien fini d’être pressés jusqu'au trognon, tapés, utilisés et imprimés, et combien donc la décision de les broyer, irréversible, est celle d’un winner qui ne regrettera rien, à l'instar des fameuses crottes magiques que l’on produit toujours le lendemain d’un repas gargantuesque. L’analogie avec le sanibroyeur n’aura d’ailleurs pas échappé à l’inconscient du collègue de bureau JPG.
Mais le broyeur, c'est aussi la confidentialité. De sorte que le travail du vieux qui broie ses documents est indubitablement plus important que celui des collègues, qui peuvent même se mettent à paniquer silencieusement et à culpabiliser en cravate si ils sont frais dans le tertiaire. Sur quoi travaille-t-il donc, ce stakhanoviste du tertiaire ? Une missive urgente sur la situation du nucléaire iranien ? Un télégramme diplomatique sur l’intention présidentielle d’envahir Monaco à coup de chars Leclerc ? En réalité bien sûr, il détruit son Sudoku achevé de la veille.
Le troisième principal avantage du broyeur, c’est qu’il fait énormément de bruit. Lorsqu’il est actionné, et à l’inverse de la discrète corbeille, il attire l’attention du bureau tout entier. C’est un haut parleur qui réveille le bureau endormi par un grand cri : regardez bien les mecs, hé, je bosse comme un ouf malade !
Afin d’optimiser au maximum l’utilisation du broyeur, le mieux est de s’y rendre avec la démarche d’un marcheur athlétique à l’approche de l’arrivée afin de montrer que l'on a d’autres choses à foutre, qu’il ne faut gâcher aucune seconde ni aucun neurone pour la destruction d’information tellement l’activité d’en produire est gourmande en temps et en matière grise. L’analogie avec un chef d’état qui va pisser au milieu d’un conseil de sécurité de l’ONU n’est pas malvenue. « Ca, c’est fait. On en était où ? Ah oui pardon : mon Sudoku. »
D’abord, l’action de broyer, incontestablement violente, renvoie à la face morne de tes collègues de bureau du catalogue JPG, à quel point tes documents ont bien fini d’être pressés jusqu'au trognon, tapés, utilisés et imprimés, et combien donc la décision de les broyer, irréversible, est celle d’un winner qui ne regrettera rien, à l'instar des fameuses crottes magiques que l’on produit toujours le lendemain d’un repas gargantuesque. L’analogie avec le sanibroyeur n’aura d’ailleurs pas échappé à l’inconscient du collègue de bureau JPG.
Mais le broyeur, c'est aussi la confidentialité. De sorte que le travail du vieux qui broie ses documents est indubitablement plus important que celui des collègues, qui peuvent même se mettent à paniquer silencieusement et à culpabiliser en cravate si ils sont frais dans le tertiaire. Sur quoi travaille-t-il donc, ce stakhanoviste du tertiaire ? Une missive urgente sur la situation du nucléaire iranien ? Un télégramme diplomatique sur l’intention présidentielle d’envahir Monaco à coup de chars Leclerc ? En réalité bien sûr, il détruit son Sudoku achevé de la veille.
Le troisième principal avantage du broyeur, c’est qu’il fait énormément de bruit. Lorsqu’il est actionné, et à l’inverse de la discrète corbeille, il attire l’attention du bureau tout entier. C’est un haut parleur qui réveille le bureau endormi par un grand cri : regardez bien les mecs, hé, je bosse comme un ouf malade !
Afin d’optimiser au maximum l’utilisation du broyeur, le mieux est de s’y rendre avec la démarche d’un marcheur athlétique à l’approche de l’arrivée afin de montrer que l'on a d’autres choses à foutre, qu’il ne faut gâcher aucune seconde ni aucun neurone pour la destruction d’information tellement l’activité d’en produire est gourmande en temps et en matière grise. L’analogie avec un chef d’état qui va pisser au milieu d’un conseil de sécurité de l’ONU n’est pas malvenue. « Ca, c’est fait. On en était où ? Ah oui pardon : mon Sudoku. »

6 Comments:
oy oy
Adrien:
N'oublie pas un jour de parler de la valise diplomatique...
Tu l'as sûrement déjà vu, mais si ce n'est pas le cas, je t'invite à découvrir ce bijou sur la ciculation en Inde :
http://www.boingboing.net/2006/04/18/video_of_a_congested.html
(Via Boing Boing)
Eh bien moi aussi je suis un fan du broyeur, pour toutes les raisons que tu as citées.
La plupart du temps, c'est pour broyer des documents confidentiels dont tout le monde en a rien à foutre. Mais ça donne bonne conscience, ça donne l'impression d'avoir sauvé un secret d'état.
Et puis j'aime bien le bruit, ça fait chier tout le monde, ça permet de t'occuper un peu plus longtemps de de jeter banalement un papier à la corbeille.
Si tu jettes 12 feuilles à la fois, au broyeur tu passes 1 min pour l'aller retour + 10s par feuille soit 3 min au lieu d'1s initialement pour la corbeille.
En conclusion, je pense que c'est plutôt une distraction de fonctionnaire, plutôt que celle d'un gars qui bosse vraiment.
Et puis au pire si le gars qui bosse vraiment veut à tout prix broyer son papier, eh bien il envoie son esclave le faire à sa place.
Ah non alors ! L'esclave risque de voir que c'est en fait une grille de Sudoku ou bien un secret pas pour les esclaves... Non, le broyeur c'est pour une utilisation perso, c'est beaucoup plus drôle ! (Et je m'y connais.)
Adrien, je regrette qu'on n'aie eu, ni l'image (sublime comme d'hab), ni le son qu'un geek comme toi aurait rendu abfab. T'es plus cap, ou quoi ?
Plus personne ne fréquente Moustacheland. Trop de vacances et de broyeur, probablement.
Au fait, j'insiste : tertiaire et pas fonctionnariat...
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