mercredi 16 mai 2007

5h : Lever.

6h : Départ du bus, limite, attrapé à la volée.

6h01 : Premier arrêt. Voix fortes en népali.

6h05 : Deuxième arrêt.

6h45 : Plein d’essence, moteur allumé.

8h30 : Le pare-brise explose à plein vitesse, sans raison apparente. Le conducteur stoppe pour dégager quelques bris de verre et ce qui reste de pare-brise.

8H45 : Pause pipi et dégagement définitif du reste du pare-brise.

8h47 : Un orage de mousson éclate. Le conducteur ralentit légèrement. Les passagers prennent tous la pluie torrentielle de face.

9h15 : Le conducteur s’arrête pour s’emmitoufler d’un sac poubelle, et conduit dorénavant dos à la route en regardant ses passagers afin de ne pas prendre trop de pluie sur le visage.

10h30 : Le bus s’arrête au fond d’une gorge, les passagers descendent. Un pont, dynamité par les maoïstes il y a plusieurs mois, est en réparation, impraticable. Une piste en terre passe par la vallée, mais elle est complètement submergée. Il pleut violemment, le gué est devenu un torrent en furie, aucun véhicule ne peut passer. Une jeep de l’ONU est parmi les véhicules bloqués, son conducteur signale sa position au QG avec un téléphone satellite, on a l’impression d’être dans les Fils de l’Homme. La pluie ne cesse pas, on nous conseille de ne pas rester en dessous de la falaise à cause des éboulements. Notre bus s’est judicieusement garé en dessous.

11h30 : Parmi toutes les personnes bloquées, l’une parle bien anglais, et nous explique que les véhicules peuvent fort bien restés bloqués plusieurs jours. On décide enfin de franchir le pont à pied avec nos sacs et d’essayer d’attraper un bus de l’autre côté. On veut aussi se faire rembourser le bus, mais impossible de mettre la main sur le conducteur.

12h30 : Gun, notre guide, finit par obtenir 400 roupies, dont 100 indiennes. Nous franchissons le pont et grimpons dans une jeep

12h40 : Arrêt au bout d’un kilomètre. Dhalbat au bord de la route dans un bouiboui en toit de paille. La pluie cesse. On attend un bus qui doit passer devant le bouiboui
13h10 : Un bus passe. Il est bondé. Nous payons les dhalbats en vitesse et courons pour monter sur le toit du bus. Quelques discussions politiques limitées sur le toit du bus

13h50 : A l’approche de Bhaluwang, à 300 mètres du village, il nous est demandé de descendre du toit. Des policiers pourraient verbaliser. On continue à pied, le bus redémarre sans personne sur le toit mais des dizaines d’autres accrochées sur ses côtés.

14h00 : Arrivée à Bhaluwang, village insalubre, dernier avant les pistes en terre de montagne. Un autre bus passe, on y monte précipitamment. Un trajet effroyable de 40 kilomètres et de 3 heures, au bord de précipices, commence.

14h30 : Premier arrêt. Des sacs sont tombés du toit sur la piste.

15h : Arrêt bouffe. On mange des bananes peu ragoûtantes. Présentations avec un népalais de la marine – pour rappel le Népal n’a aucun accès à la mer – ayant vécu en Jamaïque et à Bombay. Il s’enquiert auprès de moi de la pornographie et des meufs en occident.

15h20 : Le bus repart

17h30 : Arrivée à Bijuwar, « capitale économique » du Pyuthan. Rencontre avec Ishwari Bhandari, journaliste politique et petit leader Masal. Notre première conversation silencieuse a lieu, dans son petit bureau : nous nous regardons sans parler pendant 30 minutes. Benoît précise que pendant 3 semaines, cela sera toujours comme ça.

On rencontre quelques autres personnages de la ville, puis on nous amène à l’ « hotel » où l’on dormira. On est épuisés, mais plusieurs personnes s’invitent dans la chambre et planifient notre voyage. Il est notamment décidé que nous partirons dès le lendemain matin pour Okarkhot, ou plutôt Maachchhi, le village d’origine de Mohan Bikram Singh.

Les protagonistes discutent une heure dans notre chambre en népali. On se met donc à parler français en même temps, et entamons avec Benoît une discussion sur les satellites artificiels. Puis, on descend un petit escalier en torchis pour aller dîner. C’est à nouveau un dhalbat. Une petite télévision diffuse National Geographic en qualité parfaite.

La « manager » de l’hôtel remplit le seau pour notre douche et converse brièvement. Il a travaillé 4 ans en Arabie Saoudite, qui lui a tout donné, mais qu’il critique pour son obsession de la religion. On s’étonne de sa retraite dans le Pyuthan. Il veut améliorer son hôtel ; avec Benoît on est persuadés qu’il accueillera Paris Hilton lors de son prochain passage à Bijuwar.

On teste la douche au seau et les chiottes puants, avant de se coucher avec Gun dans nos sacs de couchage, contrefaçons de North Face achetés 25 euros à Katmandou.