mercredi 30 mai 2007


La journée s’annonce flemmasse : aucune grosse excursion n’est prévue, et on peut grasse-matiner sans scrupules jusqu’à 8 heures. On part dès le matin prendre une vraie douche et supporter la tribune qui s’installe systématiquement pour nous regarder nous laver.

Comme prévu, Eichmann nous rejoint pour nous aider à faire une interview. Il a à nouveau 40 minutes de retard, on hésite à lui faire part de nos récriminations pour mettre son zèle à mal. Sur le chemin qui nous mène chez le maobadi que l’on doit interviewer, on croise probablement la seule échoppe de la vallée qui vend du coca-cola. A peine l’interview fini, on se jette sur l’échoppe et l’on paye un coca à Eichmann, ravi.

C’est aussi notre jour de lessive. Après notre pack Acuvue, on part donc à la douche laver nos calebuts et socquettes. Il était temps, on n’avait plus une fringue propre depuis plusieurs jours. Il faut encore subir les gamins fascinés par notre Génie Sans Frotter.

Alors que nous tentions de partir nous payer des nouilles chowchows, on se fait intercepter par la salope : « where are you going ? ». On doit avouer, elle nous propose alors des nouilles chowmein que l’on est obligés d’accepter. Un traquenard. Ses chowmeins sont dégueulasses et l’hygiène laisse franchement à désirer, alors on prend l’initiative, dès que la salope a tourné le dos, de les vider dans un petit sac plastique et de partir s’offrir des chowchows. Il s’agit alors de trouver un endroit dans le village où jeter discrètement le sac, ce qui n’est pas une mince affaire étant donné que nous sommes suivis en permanence par une cohorte de zombies. On finit enfin par trouver un lieu sûr pour commettre notre exaction. Dans cette affaire, la paranoïa de Benoît trouve son origine dans une de ses mésaventures de l’année précédente : après avoir exceptionnellement trouvé un moment d’isolement pour s’enfiler une boîte de thon en conserve apportée clandestinement puis avoir jeté la boîte vide très à l’écart du village, dans un champ, un chien l’avait finalement rapporté aux hôtes de Benoît. Cette fois, on fait en sorte que ça ne se reproduise pas. Et l’on s’offre enfin nos chowchows bien mérités.

La salope nous déclare qu’elle est bien triste que nous partions demain, c’est décidément une bien belle salope. On fait une photo d’adieu de la famille au complet devant la parabole satellite installée par MBS, c’est l’occasion de la reluquer dans son sari qui laisse transparaître sa poitrine.

Le soir, le prof gaucho sympathique, qui parle un bel anglais moustachu, vient nous rendre visite. On en profite pour lui demander quelques conseils de bienséance népalaise : faut-il proposer de l’argent à nos hôtes qui nous ont si bien traités ? La réponse est claire, c’est définitivement non, le mieux étant d’offrir du tissu pour leur faire des chemises, pantalons et saris. On le fera à Katmandou, et on imagine déjà rendre le Pyuthan à la mode de notre choix en achetant des chemises à jabot oranges et des pantalons patte d’eph. Le prof moustachu nous conseille vivement d’interviewer nos hôtes, il semble que ce soit pour eux un honneur. Soit.

Durant l’interview final avec le frère de MBS et sa meuf, une militante féminine Masal, Benoît tente une petite incartade destinée à la salope, qui assiste silencieusement à l’interview. Celle-ci lui lance une perche en or : « you can ask me everything you want » - on croit rêver…