Dès 6h45, dans la jolie lumière chaude du matin, avant qu’elle ne devienne blanchâtre diffractée par l’humidité, j’immortalise notre hôtesse progressiste sur carte CompactFlash devant le mur bicolore de sa maison. Le colonel doit, paraît-il, examiner une « highway » en tant que représentant local - doit-on vraiment préciser que ça nous fait sourire.
Un mini pack Acuvue en guise de p’tit déjeuner à 7h30, et nous partons pour redescendre par l’autre côté de la colline, vers Badikhot, où des interviews sont prévus. Je ne sens plus mes jambes aujourd’hui, probablement les effets du régime alimentaire sous-nutritif. On croise un tas de meufs chargées de bidons d’eau qui remontent la colline pour alimenter leur foyer. Vies de merde.
A Badikhot, où l’on se pose chez un militant Masal, on se farcit un déjeuner dégueu, de loin le pire de tout le séjour. On peine à l’avaler, c’est un dhalbat à base d’épinards à peine préparés, entiers et terreux, accompagnés d’une monstrueuse plâtrée de riz, d’une sauce sans goût et pourtant aigre, un contre-exploit culinaire.
Benoît performe deux interviews pendant nos digestions difficiles, auprès de deux vieux militants maoïstes de Badikhot. La deuxième interview semble tellement inutile que Benoît finit par s’amuser à le cuisiner sur certaines incohérences idéologiques et religieuses que l’on avait souvent constatées chez pas mal de militants. Ca donne des boucles infinies du genre :
- Tu es communiste ?
- Oui.
- Alors tu ne crois pas en Dieu ?
- Non. C’est une aliénation.
- Tu fais des sacrifices d’animaux ?
- Oui, tous les 4 mars je tue une chèvre.
- Pourquoi ?
- Pour vénérer Dieu.»
On repart, puis l’on s’arrête vite prendre une banane noirâtre chez la famille de l’un des interviewés aux problèmes orthodontiques héréditaires apparents. Elle nous présente leur fils dont l’oreille gauche n’existe pas. Je prends une photo de l’ensemble de la famille aux dents accidentées, de notre interviewé devant un moulin, et l’on repart à nouveau.
Arrêt suivant : l’école secondaire du VDC en cours de reconstruction. On nous place sur deux chaises pour nous exhiber aux profs, qui entament une conversation en népali d’environ 1 heure 20, sans nous prêter aucune attention. On s’emmerde à tel point que l’on se met à arpenter la pièce, on tombe sur une carte du monde déchirée aux contours bien approximatifs, l’occasion pour nous de reconstituer une nouvelle échelle des distances mondiales. Mais les profs discutent toujours politique, toujours de manière aussi véhémente. On va faire un tour dehors pour être au calme, mais immédiatement, les zombies se pointent. Après une heure 20, le colonel nous donne enfin l’ordre de lever le camp : « go ».
On rentre chez le colonel en comptant les arrêts (4), on torche les mots fléchés en une heure trente et on distribue des bonbons à tous les enfants du hameau, dont un gamin de trois ans qui, selon la logique occidentale, aurait dû s’étrangler fatalement.
C’est le moment des adieux définitifs à la famille du colonel chez qui on se reviendra pas, les œillades adressées à la nièce du colonel sont bien salaces, et l’on s’arrache à nouveau pour Maachchhi. Comme d’hab’, on dévalise 3 paquets de Butter Nice sur le chemin. A Maachchii, pendant que Benoît tente sans succès de se connecter à Internet pendant une heure, j’entame une conversation avec un prof malin, gaucho, qui s’interroge sur les pratiques culturelles en vigueur en France : mariage forcé ? enfants hébergeant leurs parents jusqu’à 60 ans ?
Le soir, on fait la connaissance d’un fils de MBS, un type de Katmandou qui a fait des études de maths et de philo. Il tient un petit cybercafé à Thamel, le quartier des toutous à Katmandou. Un dhalbat de la salope plus tard, on se pieute, le fils de MBS se couche par terre pour nous laisser les lits.
A deux heures du matin, un chien aboiera sans discontinuer pendant 55 minutes.
Un mini pack Acuvue en guise de p’tit déjeuner à 7h30, et nous partons pour redescendre par l’autre côté de la colline, vers Badikhot, où des interviews sont prévus. Je ne sens plus mes jambes aujourd’hui, probablement les effets du régime alimentaire sous-nutritif. On croise un tas de meufs chargées de bidons d’eau qui remontent la colline pour alimenter leur foyer. Vies de merde.
A Badikhot, où l’on se pose chez un militant Masal, on se farcit un déjeuner dégueu, de loin le pire de tout le séjour. On peine à l’avaler, c’est un dhalbat à base d’épinards à peine préparés, entiers et terreux, accompagnés d’une monstrueuse plâtrée de riz, d’une sauce sans goût et pourtant aigre, un contre-exploit culinaire.
Benoît performe deux interviews pendant nos digestions difficiles, auprès de deux vieux militants maoïstes de Badikhot. La deuxième interview semble tellement inutile que Benoît finit par s’amuser à le cuisiner sur certaines incohérences idéologiques et religieuses que l’on avait souvent constatées chez pas mal de militants. Ca donne des boucles infinies du genre :
- Tu es communiste ?
- Oui.
- Alors tu ne crois pas en Dieu ?
- Non. C’est une aliénation.
- Tu fais des sacrifices d’animaux ?
- Oui, tous les 4 mars je tue une chèvre.
- Pourquoi ?
- Pour vénérer Dieu.»
On repart, puis l’on s’arrête vite prendre une banane noirâtre chez la famille de l’un des interviewés aux problèmes orthodontiques héréditaires apparents. Elle nous présente leur fils dont l’oreille gauche n’existe pas. Je prends une photo de l’ensemble de la famille aux dents accidentées, de notre interviewé devant un moulin, et l’on repart à nouveau.
Arrêt suivant : l’école secondaire du VDC en cours de reconstruction. On nous place sur deux chaises pour nous exhiber aux profs, qui entament une conversation en népali d’environ 1 heure 20, sans nous prêter aucune attention. On s’emmerde à tel point que l’on se met à arpenter la pièce, on tombe sur une carte du monde déchirée aux contours bien approximatifs, l’occasion pour nous de reconstituer une nouvelle échelle des distances mondiales. Mais les profs discutent toujours politique, toujours de manière aussi véhémente. On va faire un tour dehors pour être au calme, mais immédiatement, les zombies se pointent. Après une heure 20, le colonel nous donne enfin l’ordre de lever le camp : « go ».
On rentre chez le colonel en comptant les arrêts (4), on torche les mots fléchés en une heure trente et on distribue des bonbons à tous les enfants du hameau, dont un gamin de trois ans qui, selon la logique occidentale, aurait dû s’étrangler fatalement.
C’est le moment des adieux définitifs à la famille du colonel chez qui on se reviendra pas, les œillades adressées à la nièce du colonel sont bien salaces, et l’on s’arrache à nouveau pour Maachchhi. Comme d’hab’, on dévalise 3 paquets de Butter Nice sur le chemin. A Maachchii, pendant que Benoît tente sans succès de se connecter à Internet pendant une heure, j’entame une conversation avec un prof malin, gaucho, qui s’interroge sur les pratiques culturelles en vigueur en France : mariage forcé ? enfants hébergeant leurs parents jusqu’à 60 ans ?
Le soir, on fait la connaissance d’un fils de MBS, un type de Katmandou qui a fait des études de maths et de philo. Il tient un petit cybercafé à Thamel, le quartier des toutous à Katmandou. Un dhalbat de la salope plus tard, on se pieute, le fils de MBS se couche par terre pour nous laisser les lits.
A deux heures du matin, un chien aboiera sans discontinuer pendant 55 minutes.
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