samedi 26 mai 2007

Au matin, l’un des gosses vient nous servir un thé à la menthe au lit. Il est dégueulasse, la menthe a brûlé, mais l’attention est sympa. Pour sa première dégustation, le colonel non plus n’aime pas le thé à la menthe. L’introduction du thé à la menthe au Népal s’arrêtera donc là.

Notre pack Acuvue matinal est servi vers 9h30. Depuis quelques jours, on demande plus de rotis pour remplacer le riz qui nous fatigue. Aujourd’hui ils sont servis avec un peu de menthe écrasée que l’on fout dans nos packs comme du piment pour en oublier le goût.

Comme à Maachchhi, les enfants, bien qu’ils soient plus sympathiques, rentrent et s’installent à leur guise dans notre chambre en tripotant nos sacs et affaires. Certains peuvent rester nous regarder fixement pendant des dizaines de minutes, ce qui peut déconcentrer quelque peu une sieste intime. Ce matin, un adolescent est venu exhiber son Nokia N70 : il s’est installé sur mon pieu, m’a visé avec sont téléphone qui vaut 1400 mois de salaire et m’a tiré le portrait. Il s’est ensuite installé sur le pieu de Benoît pour faire pareil, puis s’est éclipsé, peut-être parti prouver à ses potes qu’il a des amis blancs.

Sur le chemin, le colonel nous emmène dans un endroit isolé, la « piscine municipale », là où la rivière forme une écluse naturelle entre deux chutes d’eau. On se déshabille, on se baigne, on nage, mais le colonel reste pourtant persuadé que l’on ne sait pas nager – une compétence peut-être censée être devenue caduque en occident. Le colonel nous rejoint dans la piscine, accoutré d’un splendide moule-bite bleu ciel, il attrape des poissons sous les rochers à mains nues. Nous, c’est plutôt le « cardio-trainer » aquatique, nager à contre-courant. Et plutôt que de se laver à la carafe une fois de plus, on se savonne dans la piscine comme dans un bain, puisqu’il n’y a personne pour nous mater, pour une fois pas de tribune.

Jusqu’à Maachchhi le colonel nous fait passer par les rizières, par les labyrinthiques petits remblais de boue sur lesquels il faut mettre un pied devant l’autre sans tomber. Les paysages sont caricaturaux de l’Asie pauvre : des femmes en saris rouges repiquent le riz tandis que les mecs dirigent des buffalos rachitiques pour labourer la boue des champs inondés. Les photos sont classiques et faciles. Les gosses sont relous, certains nous lancent de la boue. Il est à noter qu’un certain nombre de jeunes du Pyuthan arborent des T-shirts Britney Spears.

La connexion Internet de Maachchhi est aujourd’hui encore plus lente qu’à l’habitude, si c’est possible : il faut bien une vingtaine de reconnections en une heure pour envoyer un mail. L’idée étant aussi de s’offrir un Pepsi bien mérité, on se rend à l’un des seuls troquets de la région, mais il n’y a plus de Pepsi. Le colonel, qui discute comme d’habitude avec ses administrés, semble impatient et nous presse de nous dépêcher. Il souhaite nous emmener à nouveau sur les rizières pour participer à une énième fête du riz du cul.

En lieu de fête du riz, il nous ramène chez lui tranquillement, en 1 heure 30 au lieu des 25 minutes habituelles tant les arrêts sont nombreux. Les villageois saluent constamment le colonel - les salutations consistent à toucher les pieds nus du partenaire, signe de grand respect. Nous soupçonnons le colonel soit de faire sa tournée avec nous pour nous impressionner, soit de se servir de nous pour impressionner ses administrés. Un arrêt particulièrement long est l’occasion d’aller acheter des Butter Nice dans la cahute habituelle, en cachette du colonel – il ne s’agit pas qu’il croie que l’on n’apprécie pas ses packs Acuvue. A côté de la cahute, on découvre des petites lampes à LED à vendre, qui servent à éclairer les maisons qui n’ont pas l’électricité. Elles sont particulièrement « kwality » ; l’objet fait peine à voir, il rend un peu triste. On dirait un petit animal malade. J’en achète une, la seule en état de marche sur les 7 en vente.

Arrêt suivant, Benoît négocie avec succès des nouilles chowchow pour notre goûter, sans vexer le colonel, pour qui notre régime alimentaire n’a jamais cessé d’être, à raison, suspect. Pendant le slongues conversations en népalais à notre sujet, Benoît et moi sommes fascinés par des chèvres qui grimpent la paroi rocheuse face à nous, parfaitement verticale, afin d’y brouter les rares herbes. Une homme se pointe, il est muet, pour nous serrer la main. Je le crois d’abord bourré. Difficile de décrire à quel point les autres sont cruels avec lui. Tout le monde se fout de sa gueule, on le fait bouffer dans une gamelle à même le sol, comme un clébard. Il prend cher.

On finit bien par rentrer chez le colonel. Après notre savonnade dans la piscine municipale et que l’on ai changé nos fringues à Maachchhi, on se sent propres. Depuis nos chaises de ministres devant la maison du colonel, Benoît distribue des bonbons aux gosses du hameau afin de passer pour un philanthrope, mais je ne suis pas dupe…

Une jeune nièce du colonel, jolie népalaise à la peau brune, légèrement en chair et aux beaux cheveux noirs, est plus effrontée que les autres : elle nous regarde, tente même d’entamer quelques conversations avec nous malgré son anglais débutant – bref, une sacrée salope. On est très vite convaincus qu’elle en veut plus, et la soirée sera consacrée à prévoir les cochonneries qu’elle nous prodiguera dans la nuit. Du dhalbat en guise de lubrifiant, des claques de roti sur ses fesses potelées, des levrettes dans l’étable, ce sera son lot.

Invités à dîner chez le frère du colonel, père de cette sacrée salope, nous tenterons de communiquer avec elle, mais seules de simples œillades confirmeront que l’on a affaire à la pornstar du Pyuthan. Benoît tente d’aborder le sujet de mariage avec son père, sans succès. Pour faire mouiller encore un peu plus la cochonne, nous plaçons tout de même le fait qu’en France, l’héritage est le même quel que soit le sexe. Au Népal, les filles n’héritent tout simplement pas.

Au matin, l’un des gosses vient nous servir un thé à la menthe au lit. Il est dégueulasse, la menthe a brûlé, mais l’attention est sympa. Pour sa première dégustation, le colonel non plus n’aime pas le thé à la menthe. L’introduction du thé à la menthe au Népal s’arrêtera donc là.

Notre pack Acuvue matinal est servi vers 9h30. Depuis quelques jours, on demande plus de rotis pour remplacer le riz qui nous fatigue. Aujourd’hui ils sont servis avec un peu de menthe écrasée que l’on fout dans nos packs comme du piment pour en oublier le goût.

Comme à Maachchhi, les enfants, bien qu’ils soient plus sympathiques, rentrent et s’installent à leur guise dans notre chambre en tripotant nos sacs et affaires. Certains peuvent rester nous regarder fixement pendant des dizaines de minutes, ce qui peut déconcentrer quelque peu une sieste intime. Ce matin, un adolescent est venu exhiber son Nokia N70 : il s’est installé sur mon pieu, m’a visé avec sont téléphone qui vaut 1400 mois de salaire et m’a tiré le portrait. Il s’est ensuite installé sur le pieu de Benoît pour faire pareil, puis s’est éclipsé, peut-être parti prouver à ses potes qu’il a des amis blancs.

Sur le chemin, le colonel nous emmène dans un endroit isolé, la « piscine municipale », là où la rivière forme une écluse naturelle entre deux chutes d’eau. On se déshabille, on se baigne, on nage, mais le colonel reste pourtant persuadé que l’on ne sait pas nager – une compétence peut-être censée être devenue caduque en occident. Le colonel nous rejoint dans la piscine, accoutré d’un splendide moule-bite bleu ciel, il attrape des poissons sous les rochers à mains nues. Nous, c’est plutôt le « cardio-trainer » aquatique, nager à contre-courant. Et plutôt que de se laver à la carafe une fois de plus, on se savonne dans la piscine comme dans un bain, puisqu’il n’y a personne pour nous mater, pour une fois pas de tribune.

Jusqu’à Maachchhi le colonel nous fait passer par les rizières, par les labyrinthiques petits remblais de boue sur lesquels il faut mettre un pied devant l’autre sans tomber. Les paysages sont caricaturaux de l’Asie pauvre : des femmes en saris rouges repiquent le riz tandis que les mecs dirigent des buffalos rachitiques pour labourer la boue des champs inondés. Les photos sont classiques et faciles. Les gosses sont relous, certains nous lancent de la boue. Il est à noter qu’un certain nombre de jeunes du Pyuthan arborent des T-shirts Britney Spears.

La connexion Internet de Maachchhi est aujourd’hui encore plus lente qu’à l’habitude, si c’est possible : il faut bien une vingtaine de reconnections en une heure pour envoyer un mail. L’idée étant aussi de s’offrir un Pepsi bien mérité, on se rend à l’un des seuls troquets de la région, mais il n’y a plus de Pepsi. Le colonel, qui discute comme d’habitude avec ses administrés, semble impatient et nous presse de nous dépêcher. Il souhaite nous emmener à nouveau sur les rizières pour participer à une énième fête du riz du cul.

En lieu de fête du riz, il nous ramène chez lui tranquillement, en 1 heure 30 au lieu des 25 minutes habituelles tant les arrêts sont nombreux. Les villageois saluent constamment le colonel - les salutations consistent à toucher les pieds nus du partenaire, signe de grand respect. Nous soupçonnons le colonel soit de faire sa tournée avec nous pour nous impressionner, soit de se servir de nous pour impressionner ses administrés. Un arrêt particulièrement long est l’occasion d’aller acheter des Butter Nice dans la cahute habituelle, en cachette du colonel – il ne s’agit pas qu’il croie que l’on n’apprécie pas ses packs Acuvue. A côté de la cahute, on découvre des petites lampes à LED à vendre, qui servent à éclairer les maisons qui n’ont pas l’électricité. Elles sont particulièrement « kwality » ; l’objet fait peine à voir, il rend un peu triste. On dirait un petit animal malade. J’en achète une, la seule en état de marche sur les 7 en vente.

Arrêt suivant, Benoît négocie avec succès des nouilles chowchow pour notre goûter, sans vexer le colonel, pour qui notre régime alimentaire n’a jamais cessé d’être, à raison, suspect. Pendant le slongues conversations en népalais à notre sujet, Benoît et moi sommes fascinés par des chèvres qui grimpent la paroi rocheuse face à nous, parfaitement verticale, afin d’y brouter les rares herbes. Une homme se pointe, il est muet, pour nous serrer la main. Je le crois d’abord bourré. Difficile de décrire à quel point les autres sont cruels avec lui. Tout le monde se fout de sa gueule, on le fait bouffer dans une gamelle à même le sol, comme un clébard. Il prend cher.

On finit bien par rentrer chez le colonel. Après notre savonnade dans la piscine municipale et que l’on ai changé nos fringues à Maachchhi, on se sent propres. Depuis nos chaises de ministres devant la maison du colonel, Benoît distribue des bonbons aux gosses du hameau afin de passer pour un philanthrope, mais je ne suis pas dupe…

Une jeune nièce du colonel, jolie népalaise à la peau brune, légèrement en chair et aux beaux cheveux noirs, est plus effrontée que les autres : elle nous regarde, tente même d’entamer quelques conversations avec nous malgré son anglais débutant – bref, une sacrée salope. On est très vite convaincus qu’elle en veut plus, et la soirée sera consacrée à prévoir les cochonneries qu’elle nous prodiguera dans la nuit. Du dhalbat en guise de lubrifiant, des claques de roti sur ses fesses potelées, des levrettes dans l’étable, ce sera son lot.

Invités à dîner chez le frère du colonel, père de cette sacrée salope, nous tenterons de communiquer avec elle, mais seules de simples œillades confirmeront que l’on a affaire à la pornstar du Pyuthan. Benoît tente d’aborder le sujet de mariage avec son père, sans succès. Pour faire mouiller encore un peu plus la cochonne, nous plaçons tout de même le fait qu’en France, l’héritage est le même quel que soit le sexe. Au Népal, les filles n’héritent tout simplement pas.