Echec absolu de notre stratégie : on est réveillés à 6 heures moins dix par Ramesh. Fatalisme.
On part pour une petite virée vers le camp militaire de l’armée, à une demi-heure de marche au-dessus de la maison de Ramesh. Le camp surplombe Khalanga et tout le Pyuthan au sud. Il doit héberger une trentaine de militaires, et est solidement fermé par une grille de jardin. en plastique. On nous ouvre sans problème le camp, en revanche les soldats sont intraitables : impossible de faire des photos, sauf celle d’un couturier devant une machine à coudre du siècle dernier. Le commandant du camp nous accueille comme des chefs d’état, et nous montre l’héliport dont le H est écrit à l’aide de galets.
Rentrés chez Ramesh, on prend notre avant-avant-avant dernier pack Acuvue, je me sers un peu trop de sauce épicée. Un mal de bide faramineux se déclare, inquiétant, prétexte à rouiller toute la journée chez Ramesh.
Aujourd’hui, c’est jour de Bhanda, tous les magasins sont fermés et les liaisons de communication coupées. De quoi s’inquiéter pour notre retour prévu le lendemain, d’autant que les Bhandas durent régulièrement plusieurs jours. On profite d’une accalmie de mon mal de bide pour se rendre à un meeting politique de fonctionnaires en grève, juste à côté de la maison de Ramesh. Plusieurs partis de gauche y sont rassemblés. On s’offre un coca népalais dans la buvette du meeting, et on entame un formidable concours de rots bruyants en toute impunité au milieu des députés et autres leaders politiques.
En tant que blancs, on est finalement rapidement invités à monter sur la scène du meeting. Comme en Inde, deux blancs sur la scène semblent indéniablement donner à un évènement un standing différent. Le caméraman d’une TV locale décide de faire de nous le pivot esthétique de son cadrage déstructuré. Benoît et moi entamons une tentative aléatoire de traduction des discours, basé sur l’analyse des tonalités de voix, et en utilisant un maximum de matérialisme dialectique, avant que Benoît ne finisse par bavarder avec son autre voisin, un célèbre député qu’il avait déjà rencontré l’année dernière. C’est une bonne nouvelle pour sa thèse.
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